Alors que plusieurs pays africains continuent de recevoir sur leur sol des migrants expulsés des États-Unis dans le cadre d’accords conclus avec l’administration de Donald Trump, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, maintient une position ferme sur la question. Le chef de l’État estime qu’une telle politique ne sert pas les intérêts du Gabon.
Dans un entretien exclusif accordé à France 24, le président gabonais s’est montré catégorique quant à l’éventualité d’un accord permettant l’accueil de migrants expulsés par les autorités américaines.
Selon lui, cette proposition lui a bien été soumise, mais il n’a pas hésité à la rejeter. « Le président Trump, c’est quelqu’un que j’aime beaucoup, que j’affectionne beaucoup. Je l’appelle souvent mon ami à la cravate rouge. Mais sur ce point, nous ne sommes pas tombés d’accord. Je ne les (migrants ndlr) ai pas acceptés chez moi. Je le dis en toute honnêteté. Il n’y a pas de migrants et je n’ai jamais signé cet accord. Le Gabon n’est pas prêt à signer un accord qui ne nous arrange pas », a déclaré Brice Clotaire Oligui Nguema.
Cette prise de position contraste avec celle de certains États africains, notamment le Ghana, le Rwanda et l’Uganda, qui ont accepté d’accueillir sur leur territoire des migrants expulsés par les États-Unis dans le cadre de ces arrangements migratoires.
La question suscite également des préoccupations au niveau continental. Dans un communiqué publié le 4 août 2025, l’Union africaine a exprimé son inquiétude face aux conséquences potentielles de tels accords. L’organisation panafricaine a notamment dénoncé le manque de transparence entourant ces mécanismes de réadmission et a rappelé aux États membres leurs engagements internationaux et régionaux en matière de protection des droits des migrants.
Alors que le débat se poursuit sur le continent, la position du Gabon apparaît comme l’une des plus fermes à l’égard de cette politique migratoire soutenue par Washington.

