La ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, appelle à renforcer l’accès des adolescents et des jeunes aux services de santé sexuelle et reproductive, tout en garantissant des soins de proximité, confidentiels et respectueux. Elle s’est exprimée ce mercredi 2 septembre lors de l’ouverture de la 12e Conférence africaine sur la santé et les droits sexuels et reproductifs des adolescents et des jeunes qui se tient à Conakry.
Dans son intervention, la ministre estime que les droits reconnus aux jeunes ne doivent pas rester de simples engagements inscrits dans les textes, mais se traduire concrètement dans leur quotidien. « Un droit ne vit pas dans un texte, il vit dans la présence d’une sage-femme à son poste de travail, dans la disponibilité d’un contraceptif, dans la confidentialité offerte à une adolescente, dans la prise en charge d’une survivante de violence. Autrement, il reste une promesse inachevée », a déclaré Khaité Sall.
La ministre a rappelé certaines avancées enregistrées par la Guinée, notamment la gratuité de l’accouchement et des soins obstétricaux et néonataux d’urgence, ainsi que les efforts en matière de planification familiale. Elle reconnaît toutefois que des défis importants persistent. « Ces avancées sont réelles, mais notre exigence de résultats nous commande de regarder avec lucidité le chemin qui reste à parcourir. La mortalité maternelle demeure élevée. La prévalence des mutilations génitales féminines atteint encore 94 % chez les femmes de 15 à 49 ans, tandis que l’indice de fécondité est de 4,3 enfants par femme ».
Pour Khaïté Sall, les prochaines actions doivent notamment porter sur le renforcement des services de proximité, la formation des professionnels de santé et la disponibilité des produits essentiels. Elle plaide également pour une participation accrue des jeunes aux décisions qui les concernent. « La prochaine étape ne consiste pas à ajouter des engagements. Elle consiste à rendre ceux qui existent visibles dans la vie quotidienne : des services plus proches, des professionnels mieux formés, des produits essentiels disponibles, des soins respectueux et confidentiels et des jeunes réellement associés aux décisions qui les concernent », a-t-elle martelé.
La ministre a enfin adressé un message direct aux adolescents et aux jeunes, les invitant à faire entendre leur voix. « Votre santé ne doit jamais être le prix du silence, de la distance, de la pauvreté ou de la discrimination. Votre parole a sa place dans nos institutions, votre avenir doit compter dans chacune de nos décisions », a-t-elle lancé.

