Bah Oury : « Le développement de l’Afrique dépend de l’éducation et de la protection de sa jeunesse »

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Le Premier ministre Bah Oury appelle à des actions concrètes pour mieux protéger la jeunesse guinéenne face aux crises multiformes qui la menacent. Selon lui, le développement durable des pays africains passe nécessairement par l’investissement dans la formation, la santé et la protection des jeunes.

Le chef du gouvernement s’exprimait à l’ouverture de la 12ᵉ Conférence africaine sur la santé et les droits sexuels et reproductifs des adolescents et des jeunes, qui se tient du 2 au 5 septembre 2026 à Conakry. À cette occasion, Bah Oury a insisté sur l’importance de la santé, de l’éducation et de la protection de la jeunesse dans le développement de l’Afrique. « Le développement de l’Afrique dépend directement de la santé, de l’éducation et de la protection de sa jeunesse. Le thème de cette édition nous invite à apporter des réponses concrètes aux difficultés que rencontrent les adolescents et les jeunes en période de crise. […] Cette force ne produira pleinement ses effets que si les jeunes sont éduqués, protégés et en bonne santé », a-t-il déclaré.

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Le Premier ministre a également évoqué les conséquences des crises sur l’accès des jeunes aux services de santé. Selon lui, ces situations peuvent éloigner les adolescents des structures sanitaires et affaiblir les dispositifs de prévention. « Les crises amplifient les risques. Elles désorganisent les services, éloignent les jeunes des structures de santé, réduisent les capacités d’intervention. Elles rendent la prévention plus difficile au moment même où elle devient plus nécessaire. La réponse relève donc de la responsabilité des États. […] L’action publique doit prévenir par une information fiable, protéger contre les violations et garantir des soins de qualité dans le respect de la dignité et de la confidentialité », a-t-il souligné.

Bah Oury a par ailleurs appelé à renforcer durablement les services de santé destinés aux jeunes, tout en réduisant leur dépendance aux financements extérieurs. « Ces services peuvent être intégrés au fonctionnement régulier de nos systèmes de santé. Leur continuité ne peut dépendre exclusivement des projets ponctuels ou de financements extérieurs imprévisibles. Une politique publique se juge à sa capacité d’atteindre les populations. Elle doit être accessible aux jeunes des centres urbains comme à ceux des zones rurales », a-t-il indiqué.

Estimant que les discours ne suffisent pas à sensibiliser efficacement les jeunes, le Premier ministre préconise également une évolution des méthodes. « Il est nécessaire de se poser la question sur l’efficacité des politiques qui ont été jusqu’à présent menées dans le cadre de la sensibilisation sur des aspects sociaux, où beaucoup plus ce sont des cultures qui s’affrontent, des certitudes qu’il faut secouer. […] Ce sont des dynamiques qui sont beaucoup plus incitatives qu’un discours moraliste qui peut rester sans effet », a-t-il déploré.

Pour Bah Oury, l’enjeu est désormais de passer des discours aux actions concrètes. Il estime qu’une politique efficace en faveur de la jeunesse doit s’appuyer sur des mesures durables, accessibles et adaptées aux réalités des jeunes, aussi bien en milieu urbain que rural.

Cet appel intervient toutefois dans un contexte où une partie importante de la jeunesse africaine reste confrontée au chômage, au sous-emploi et au manque de perspectives économiques. Pour de nombreux jeunes, l’accès à l’éducation et aux services de santé ne suffit pas à répondre aux difficultés quotidiennes, notamment lorsque les formations acquises ne débouchent pas sur des emplois décents.

La question de la protection de la jeunesse se pose donc également sous l’angle de l’emploi, de l’insertion professionnelle et de la capacité des États à offrir aux jeunes des conditions leur permettant de construire leur avenir dans leurs propres pays.