À l’occasion de la fête nationale, le chef de l’État revient sur le choix historique du 2 octobre 1958, rappelant que l’indépendance conquise par la Guinée est un engagement permanent. Rendant un hommage vibrant aux héros de la résistance anticoloniale et aux figures anonymes de la nation, il érige la dignité et la mémoire collective en boussole pour l’avenir du pays. Extrait du discours :
Chers Compatriotes,
Peuple souverain de la République de Guinée,
Il y a 68 ans, un peuple s’est élevé, un peuple sans armée puissante, sans richesses accumulées, sans protecteur. Un peuple qui n’avait pour lui que sa dignité, son courage et sa foi en lui-même. Et ce peuple a osé dire non : non à la soumission, non à la tutelle, non à l’humiliation.
Le 2 octobre 1958, la Guinée a choisi la liberté et elle a ouvert à toute l’Afrique le sommet de la souveraineté politique et économique pleinement assumée.
Ce jour-là, nos pères et nos mères ont fait un choix que l’histoire n’oubliera jamais. Ils ont préféré la liberté dans une souveraineté politique et économique assumée, sans aucune exception.
Ce choix, mes chers compatriotes, coule encore dans nos veines. Il est notre héritage, il est notre boussole.
Aujourd’hui, pour la première fois sous la Vᵉ République, nous célébrons ensemble cette souveraineté conquise. Et je veux que ce jour soit plus qu’une commémoration ; je veux qu’il soit un serment.
Mes chers compatriotes, s’inspirer du passé, c’est d’abord nous souvenir de ceux qui ont payé le prix de notre liberté : Almamy Samory Touré, qui a tenu tête au colosse colonial pendant près de deux décennies ; Apha Yaya Diallo, exilé loin de sa terre pour avoir refusé de plier ; Zégbéla Togba Pivi, gardien indomptable de la forêt ; Dinah Salifou, fier souverain de la côte ; et tous ces anonymes — ces paysans, ces femmes, ces jeunes — dont l’histoire n’a pas retenu les noms, mais dont le sacrifice a bâti la nation.
Leur combat n’était pas le passé ; leur combat, c’est notre présent. Car la souveraineté ne s’hérite pas une fois pour toutes : elle se défend, elle se construit, elle se mérite chaque jour.

