Après près d’un mois de débats, le Tribunal de première instance de Dixinn a mis en délibéré l’affaire de proxénétisme et de trouble à l’ordre public impliquant Mamadou Alpha Baldé, Ahmed Saadat et Hadiatou Bah. La décision du juge Mohamed Sangaré est attendue ce mercredi, à l’issue de la dernière audience consacrée aux plaidoiries de la défense et aux derniers mots des prévenus.
Les trois prévenus sont poursuivis pour des faits présumés d’« atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus » commis au moyen d’un système informatique, à la suite de la diffusion d’une vidéo ayant suscité une vive polémique.
Ouvrant les plaidoiries, Me David Beavogui a sollicité la relaxe pure et simple de ses clients. Selon lui, les éléments constitutifs des infractions poursuivies ne sont pas réunis.
L’avocat a soutenu que les propos tenus par Hadiatou Bah ne sauraient, à eux seuls, caractériser une infraction pénale, estimant que « l’infraction n’est pas dans les propos, mais plutôt dans les faits ».
S’agissant de la diffusion de l’interview, il a également contesté l’existence d’un trouble à l’ordre public, en s’interrogeant : « Y a-t-il eu un accident qui a provoqué des morts du fait de la diffusion de cette vidéo par nos clients ici présents ? »
Me David Beavogui est également revenu sur la détention de ses clients, critiquant la position du ministère public, qui s’était opposé à leur mise en liberté lors des précédentes audiences. Il a demandé au tribunal de renvoyer les prévenus des fins de la poursuite, sans prononcer de condamnation, y compris avec sursis, comme l’avait requis le parquet, soutenant qu’aucune infraction pénale n’était constituée dans ce dossier.
Prenant la parole à son tour, Me Abdourahmane Dabo a développé la même ligne de défense. Il a fait valoir que, depuis l’ouverture du procès, aucune personne ne s’était présentée devant le tribunal pour affirmer que Hadiatou Bah l’avait mise en relation avec un homme dans le cadre des faits reprochés.
Selon lui, cette absence de victime constitue un élément essentiel que le tribunal devra apprécier. « Donc nous nous sommes convaincus que l’attitude de nos clients ne constitue nullement une infraction en loi pénale », a-t-il soutenu, avant de demander au tribunal de faire preuve de clémence en accordant de larges circonstances atténuantes à ses clients.
Après les plaidoiries, le juge a appelé la partie civile à la barre. Celle-ci était toutefois absente de la salle d’audience.
Invités à s’exprimer une dernière fois avant la clôture des débats, les prévenus ont présenté leurs excuses. Hadiatou Bah s’est limitée à demander pardon au tribunal.
Ahmed Saadat a déclaré : « Notre objectif, c’était de faire la promotion de l’artiste comme tout autre, nous demandons pardon au Tribunal. »
De son côté, Mamadou Alpha Baldé a affirmé : « Nous remercions nos avocats. Si le contenu des vidéos que nous avons relayées a vexé l’opinion, nous demandons pardon et nous nous remettons à votre sagesse. »
À l’issue des réquisitions, des plaidoiries et des derniers mots des prévenus, le président du tribunal, Mohamed Sangaré, a mis l’affaire en délibéré. Le jugement est attendu ce mercredi en fin de journée.
Au moment où nous publions ces lignes, les trois prévenus se trouvent toujours dans le box des accusés, dans l’attente de la décision du Tribunal.

