Dans une réquisition publiée ce jeudi 22 octobre 2026, le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, instruit la gendarmerie et la police de prendre des mesures contre les lieux utilisés pour des activités criminelles.
L’opération annoncée vise notamment les sites de recel, les points de trafic de stupéfiants et les espaces servant à la préparation ou à la dissimulation d’infractions.
Le parquet général de Conakry entend intensifier la lutte contre les foyers criminels. Dans une réquisition intitulée « Réquisition aux fins de concours de la force publique », publiée ce jeudi 22 octobre 2026, le procureur général Fallou Doumbouya sollicite le concours des services de police et de gendarmerie pour identifier et démanteler les lieux associés à des activités illicites.
Adressée au commandant de la Gendarmerie spéciale de la ville de Conakry et au directeur régional de la Police de Conakry, la réquisition leur demande d’agir « sans délai », en coordination avec les procureurs de la République compétents.
Le document s’appuie sur l’article 41 de la loi L/2016/060/AN du 26 octobre 2016 portant Code de procédure pénale, qui reconnaît notamment au procureur général le droit de requérir directement la force publique.
Dans sa réquisition, le procureur général cible plusieurs catégories de lieux susceptibles d’être utilisés pour la commission ou la dissimulation d’infractions. Sont notamment mentionnés les bâtiments, terrains et chantiers délaissés exploités à des fins délictueuses, les lieux de recel ainsi que les points de trafic, de vente ou de consommation illicites de stupéfiants et de substances psychotropes.
Pour mener ces opérations, les responsables de la police et de la gendarmerie sont invités à s’appuyer sur des éléments concrets. Le document insiste sur la nécessité d’identifier les sites concernés « sur la foi de renseignements circonstanciés et de constatations objectives ».
Le procureur général prévoit également une collaboration avec les autorités administratives locales, notamment les conseils communaux et leurs démembrements, afin de faciliter la localisation des lieux visés.
L’objectif affiché est de mettre fin aux activités illicites et de démanteler les dispositifs qui leur servent de support.
Interpellations et déguerpissements
Au-delà de l’identification des sites, la réquisition demande aux forces de sécurité de « faire cesser les infractions constatées » et de procéder au démantèlement des dispositifs affectés aux activités illicites, ainsi qu’au « déguerpissement des lieux concernés ».
Le document prévoit également l’identification des personnes soupçonnées d’avoir participé aux faits, en qualité d’auteur, de coauteur ou de complice.
Toutefois, le texte encadre cette démarche en précisant que les interpellations et les déferrements devant le procureur de la République compétent doivent intervenir « lorsque les conditions légales sont réunies».
Cette précision renvoie à l’exigence d’une action judiciaire fondée sur des éléments individualisés, plutôt qu’à une mise en cause collective des personnes présentes dans les secteurs concernés.
L’article 41 du Code de procédure pénale comme fondement juridique
La réquisition invoque l’article 41 du Code de procédure pénale guinéen pour justifier le recours à la force publique.
Cette disposition définit les responsabilités du procureur général dans le ressort de la cour d’appel. Elle lui confie notamment la mission de veiller à l’application de la loi pénale, de coordonner l’action des procureurs de la République et de veiller à l’exécution des décisions de justice.
L’article 41 dispose : « Le procureur général est chargé de veiller à l’application de la loi pénale dans toute l’étendue du ressort de la cour d’appel et au bon fonctionnement des parquets de son ressort. À cette fin, il anime et coordonne l’action des procureurs de la République en ce qui concerne tant la prévention que la répression des infractions à la loi pénale ainsi que la conduite de la politique pénale par les parquets de son ressort. Il veille à l’exécution des décisions de justice. Sans préjudice des rapports particuliers qu’il établit, soit d’initiative, soit à la demande du procureur général, le procureur de la République adresse à ce dernier un rapport annuel sur l’activité et la gestion de son parquet ainsi que sur l’application de la loi. Le procureur général a, dans l’exercice de ses fonctions, le droit de requérir directement la force publique. »
Ce fondement légal donne au procureur général un pouvoir de réquisition directe de la force publique. Il ne dispense toutefois pas les services concernés de respecter les règles de procédure applicables aux différentes mesures qu’ils seront amenés à prendre.
La force publique appelée à agir dans les limites de la loi
Dans le dernier paragraphe de sa réquisition, Fallou Doumbouya demande aux autorités concernées de veiller à l’exécution diligente des instructions et de rendre compte des diligences accomplies.
Le document précise également que les opérations doivent être conduites avec « un emploi de la force strictement nécessaire et proportionné ».
À travers cette instruction, le parquet général affiche sa volonté de renforcer la réponse judiciaire face aux activités criminelles à Conakry. L’efficacité de cette démarche se mesurera notamment à la capacité des services mobilisés à identifier les auteurs présumés, à démanteler les dispositifs illicites et à conduire les procédures dans le respect de la loi.

