L’acquittement du général de brigade Bienvenue Lamah continue de susciter des réactions. Deux mois après la décision du Tribunal criminel de Dixinn, qui l’a acquitté le 28 juillet dernier dans le dossier du massacre du 28 septembre 2009, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) a critiqué cette décision, ainsi que sa promotion au grade de général de brigade par décret présidentiel le 3 août 2026.
En marge d’une conférence de presse tenue en début de semaine, Me Alexis Deswaef, président de la FIDH, a notamment estimé que l’acquittement et la promotion de Bienvenue Lamah envoyaient un mauvais signal aux victimes. « Comment voulez-vous que les victimes encaissent cette nouvelle-là ? Comment voulez-vous que les victimes encaissent l’acquittement d’un autre principal accusé et, dans la foulée, sa promotion par décision du chef de l’État ? », avait-il déclaré.
Des propos auxquels le collectif d’avocats du général Bienvenue Lamah a décidé de répondre. Dans une déclaration, les conseils dénoncent une présentation qui, selon eux, entretient la confusion entre les accusations initialement portées contre leur client et la décision rendue par la justice. « Continuer à le désigner comme le “principal accusé”, sans rappeler clairement cette décision et sa portée, porte atteinte à son honneur et contribue à le maintenir dans une situation de condamnation médiatique », dénonce le collectif.
Les avocats rappellent également le principe de la présomption d’innocence et la portée de la décision judiciaire intervenue dans cette affaire. « La culpabilité ne se décrète pas lors d’une conférence de presse. Elle doit être établie devant les juridictions compétentes, dans le respect des droits de la défense. »
Sur la question de la promotion du général Lamah, ses avocats mettent en avant son parcours au sein de la gendarmerie et les responsabilités qu’il y a déjà exercées. « Le Collectif rappelle que le Général Lamah avait déjà exercé les fonctions de Commandant de la Gendarmerie régionale de Conakry, en reconnaissance de ses qualités professionnelles, de sa discipline et de ses compétences. »
Estimant que certains propos tenus à l’encontre de leur client sont susceptibles de porter atteinte à son honneur, les avocats annoncent enfin qu’ils pourraient saisir la justice. « Le Collectif se réserve le droit d’engager toute action appropriée devant les juridictions compétentes et de saisir les instances disciplinaires concernées », prévient le collectif.

