Boubacar Azoca Bah : « Si l’on devait sévir, on n’aurait aucun média à jour aujourd’hui »

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À l’issue d’une mission de contrôle et de vérification menée à Conakry et à l’intérieur du pays, le ministère de l’Information, de la Communication et de l’Innovation fait état de plusieurs manquements dans le fonctionnement des médias privés. Les principales insuffisances relevées concernent notamment l’absence de conventions d’établissement, le non-respect du cahier des charges, les irrégularités liées aux agréments ainsi que les conditions de travail des professionnels des médias.

Ces constats ont été présentés vendredi 11 septembre 2026, lors d’une rencontre entre les responsables et promoteurs des médias privés et les cadres du département, sous la présidence du secrétaire général, Dr. Souleymane BAH.

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La rencontre a notamment permis de faire le point sur les résultats de la mission conduite par la Direction nationale de la Communication et des Relations avec les Médias privés (DNCRMP) et le Fonds d’Appui au Développement des Médias (FADEM).

Seize relais concernés par des manquements

Présentant les conclusions de la mission, le directeur national de la Communication et des Relations avec les médias privés, Boubacar Azoca Bah, a indiqué que les équipes avaient procédé à des vérifications sur le respect des obligations réglementaires imposées aux médias. « Nous sommes allés sur le terrain à Conakry et à l’intérieur du pays pour vérifier le respect du cahier des charges. Le constat est qu’il y a beaucoup de manquements », a-t-il déclaré.

Parmi les irrégularités constatées figurent notamment celles relatives au fonctionnement de certains relais de médias privés dans les régions. Selon le responsable, certains relais ne se contenteraient pas de retransmettre les programmes de leurs médias d’origine, mais produiraient également des contenus sur place. « Au lieu de faire de la réémission, certains médias produisent et diffusent sur place. C’est un manquement. Nous en avons constaté seize », a-t-il indiqué.

La situation administrative des médias privés constitue également un autre point de préoccupation soulevé au cours de la mission.

Sur environ une centaine de radios et de télévisions recensées dans le pays, « une vingtaine seulement » disposeraient d’une convention d’établissement, selon Boubacar Azoca Bah. « Tous les autres n’ont pas leur convention d’établissement, ils n’ont pas leur cahier des charges. Or, nous étions justement allés contrôler l’application de ce cahier des charges », a-t-il relevé.

Cette situation pose ainsi la question de la conformité des entreprises de presse avec les obligations auxquelles elles sont soumises, alors même que le contrôle avait précisément pour objectif de vérifier leur niveau de respect des textes en vigueur.

Du renouvellement des agréments
Les procédures de renouvellement des agréments ont également occupé une place importante dans les échanges entre le ministère et les promoteurs de médias.

Boubacar Azoca Bah a expliqué que les retards enregistrés dans les procédures administratives contribuaient à la situation actuelle, estimant qu’une application stricte des sanctions pourrait affecter une grande partie du paysage médiatique privé. « Si l’on devait sévir par rapport au fait que les médias ne renouvellent pas leurs agréments, on n’aurait aucun média à jour aujourd’hui, à part les médias qui ont eu leurs agréments ces trois dernières années », a-t-il déclaré.

Face à cette situation, le ministère entend relancer le processus de régularisation. Une démarche devrait être engagée dès la semaine prochaine auprès des médias concernés. « À partir de la semaine prochaine, on va demander à tous les médias de nous adresser des correspondances pour renouveler leurs agréments, et nous allons mettre les bouchées doubles pour que cela soit renouvelé », a-t-il annoncé.

Conditions de travail et situation salariale

Au-delà des questions administratives et réglementaires, la mission a également permis de relever des difficultés liées aux équipements, aux ressources humaines et aux conditions de travail au sein de plusieurs rédactions.

La situation salariale des journalistes figure notamment parmi les préoccupations évoquées par le directeur national. « Beaucoup de nos journalistes ne sont pas payés. Ceux qui le sont, sont mal payés », a-t-il déploré.

Pour Boubacar Azoca Bah, les promoteurs doivent davantage considérer leurs médias comme de véritables entreprises de presse, en renforçant leurs investissements et en améliorant les conditions de travail des employés. « Il faut que les médias se remettent à jour. Vous devez être de véritables entreprises de presse », a-t-il insisté.