Souveraineté, non-alignement, diplomatie économique : la Guinée dévoile sa nouvelle doctrine de politique étrangère

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Le gouvernement guinéen a officiellement présenté, ce mercredi 9 septembre 2026, son nouveau document-cadre de politique étrangère. Présentée par le ministre des Affaires étrangères et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, cette nouvelle doctrine définit les principales orientations stratégiques et opérationnelles de l’action extérieure de la Guinée.

Structuré autour de trois grands chapitres, le document revient sur l’évolution historique de la diplomatie guinéenne, rappelle les principes qui la fondent et fixe les principaux axes d’intervention de l’État depuis le 5 septembre 2021.

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Onze axes pour guider la diplomatie guinéenne

La nouvelle feuille de route repose sur onze axes stratégiques, qui couvrent aussi bien la défense de la souveraineté nationale que les enjeux économiques, sécuritaires, climatiques et culturels.
Il s’agit notamment de :
Sauvegarder la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale ;
Renforcer le bon voisinage, l’intégration africaine et le panafricanisme ;
Consolider le rôle de la Guinée au sein des organisations sous-régionales, régionales et internationales ;
Déployer une diplomatie économique au service du développement socio-économique ;
Protéger les intérêts de l’État et des Guinéens établis à l’étranger ;
Promouvoir la paix et la sécurité internationales ;
Développer une diplomatie environnementale et climatique ;
Mettre en œuvre une stratégie de communication institutionnelle adaptée ;
Renforcer les capacités humaines et institutionnelles du corps diplomatique ;
Promouvoir les droits de l’Homme et préserver la dignité humaine ;
Valoriser la diplomatie culturelle comme instrument d’influence et de coopération.

En présentant cette nouvelle politique étrangère, Morissanda Kouyaté a décrit le document comme une « boussole pour l’État », mais aussi comme un mandat assigné au réseau diplomatique et consulaire guinéen.

Cette doctrine intervient dans un environnement international marqué par des recompositions géopolitiques, des tensions sécuritaires, une compétition accrue autour des ressources et des défis climatiques et technologiques.
Dans ce contexte, le chef de la diplomatie guinéenne a réaffirmé la volonté de Conakry de préserver son autonomie de décision et de maintenir des relations ouvertes avec l’ensemble de ses partenaires.
« La Guinée doit rester ouverte à tous, alignée sur personne et guidée en toutes circonstances par sa souveraineté, ses priorités nationales et l’intérêt supérieur de son peuple », a déclaré Morissanda Kouyaté.

Pour le ministre, cette orientation s’inscrit dans la continuité de l’histoire politique de la Guinée. Il a notamment rappelé le choix exprimé par le peuple guinéen le 28 septembre 1958, qui a ouvert la voie à l’indépendance proclamée le 2 octobre de la même année.
Selon lui, l’attachement à la liberté et à la souveraineté constitue depuis lors l’un des fondements de l’action extérieure du pays.

Mais au-delà de la souveraineté et des principes historiques, la nouvelle politique étrangère entend également répondre à une exigence de résultats.
Le chef de la diplomatie guinéenne appelle ainsi les ambassadeurs et chefs de mission à inscrire davantage leur action dans les priorités économiques et stratégiques du pays.

L’ambition est notamment de renforcer la mobilisation des investissements, l’ouverture de nouveaux marchés, la coopération technique, le transfert de compétences et la protection des intérêts guinéens à l’étranger.
Cette orientation traduit, selon Morissanda Kouyaté, une volonté de faire de la diplomatie un véritable instrument du développement national.
Les représentations diplomatiques sont donc appelées à dépasser leur rôle traditionnel de représentation pour devenir également des relais de promotion économique et d’influence.

À travers cette nouvelle doctrine, Conakry entend ainsi articuler souveraineté, non-alignement, intégration africaine, diplomatie économique et recherche de résultats concrets, avec pour objectif affiché de mieux faire correspondre l’action extérieure du pays à ses priorités nationales.