Reclassée le 16 octobre 2026 de la catégorie 7 à la catégorie 6 de l’échelle de risque pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour les crédits à l’exportation, la Guinée quitte le niveau de risque le plus élevé de cette classification. Cette évolution pourrait faciliter certaines opérations de commerce extérieur et améliorer les conditions de financement des projets guinéens, sans garantir automatiquement une baisse du coût du crédit.
La Guinée franchit un nouveau palier dans la classification du risque pays pour les crédits à l’exportation. Le 16 octobre 2026, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a fait passer le pays de la catégorie 7 à la catégorie 6, selon les informations présentées par le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, devant les députés réunis en plénière ce samedi 24 octobre, à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026.
Ce reclassement marque la sortie de la catégorie la plus élevée de cette échelle, qui va de 0 à 7. Il constitue un signal susceptible de favoriser les relations commerciales et financières de la Guinée avec ses partenaires internationaux. Ses retombées dépendront toutefois de la manière dont les banques, les assureurs-crédit, les exportateurs et les investisseurs intégreront cette évolution dans leurs décisions.
Un signal pour le financement du commerce extérieur
La classification de l’OCDE sert notamment de référence pour déterminer les conditions financières minimales applicables aux crédits à l’exportation bénéficiant d’un soutien public. Une évolution vers une catégorie de risque moins élevée peut contribuer à améliorer les conditions de certaines opérations, notamment en matière de garanties et de financement des échanges internationaux.
Pour les entreprises et les organismes publics guinéens, l’enjeu est donc de savoir si ce reclassement facilitera effectivement l’accès aux équipements, aux technologies et aux infrastructures financés par des fournisseurs étrangers. Il pourrait également peser dans les discussions avec certains partenaires financiers, sans pour autant garantir une baisse générale des taux d’intérêt ou des primes d’assurance.
Devant les députés, Ismaël Nabé a présenté cette évolution comme l’aboutissement d’un travail collectif associant les autorités guinéennes et leurs partenaires. « Aussi, le 16 octobre dernier, le classement du risque pays de notre pays a été relevé de la catégorie 7 à la catégorie 6 », a déclaré le ministre, en rappelant que cette question figurait parmi les préoccupations régulièrement soulevées lors des échanges avec les représentants nationaux.
Il a notamment salué les contributions des acteurs institutionnels ayant participé à cette démarche, soulignant le rôle du dialogue entre le gouvernement et la représentation nationale.
Une nouvelle évolution de la perception du risque
Ce reclassement intervient après une autre évolution notable : l’attribution à la Guinée, en septembre 2025, d’une première notation souveraine B+ par S&P Global, assortie d’une perspective stable, puis d’une perspective positive en mars 2026.
Ces deux indicateurs doivent cependant être distingués. La classification de l’OCDE concerne le risque pays dans le cadre des crédits à l’exportation bénéficiant d’un soutien public, tandis que la notation de S&P Global évalue la qualité de crédit souverain selon sa propre méthodologie.
Leur évolution peut contribuer à éclairer les décisions des partenaires financiers, mais elle ne suffit pas à déterminer, à elle seule, le coût auquel la Guinée ou ses entreprises pourront emprunter. Les conditions de financement dépendent également de la situation budgétaire, de la capacité de remboursement, des garanties proposées, de la nature des projets et de l’environnement financier international.
Pour Conakry, l’enjeu est désormais de convertir ces signaux en possibilités concrètes de financement et d’investissement.
Le défi de la concrétisation des engagements financiers
Cette ambition occupe une place centrale dans le discours du ministre du Plan et de la Coopération internationale. Alors que le gouvernement cherche à mobiliser des ressources pour accompagner le programme de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2040, Ismaël Nabé a insisté sur la nécessité de dépasser le stade des annonces. « Notre responsabilité consiste désormais à franchir les prochaines étapes, transformer les intentions en accords opérationnels, les accords en projets bancaires, les financements en investissement réalisés et les investissements en résultats tangibles », a-t-il affirmé.
Cette déclaration met en lumière l’un des principaux enjeux de la stratégie de mobilisation des financements extérieurs : l’existence d’engagements ou de perspectives financières ne garantit pas leur décaissement ni la réalisation effective des projets.
Le ministre a également rappelé que la croissance économique devait produire des effets concrets sur les conditions de vie de la population. « La croissance en elle seule ne suffit pas, elle doit se traduire en emploi, elle doit se traduire en revenu, se traduire en infrastructure, en services sociaux de qualité et en opportunités économiques pour l’ensemble du territoire», a-t-il déclaré.
Des effets qui restent à mesurer
Le passage de la catégorie 7 à la catégorie 6 constitue une évolution favorable au regard de l’échelle de risque pays de l’OCDE. Toutefois, son impact économique ne pourra être apprécié qu’à travers des résultats vérifiables : évolution des conditions proposées par les assureurs-crédit, coût des garanties, accès des entreprises aux financements extérieurs et concrétisation des projets soutenus par des partenaires internationaux.
La question centrale est donc celle des retombées effectives de ce reclassement pour l’économie guinéenne. Une amélioration de la classification peut faciliter certaines opérations, mais elle doit encore se traduire en conditions de financement accessibles et en investissements productifs.
Dans le contexte de la mise en œuvre de Simandou 2040, le gouvernement entend faire de la crédibilité financière un levier de transformation économique. Comme l’a résumé Ismaël Nabé devant les députés, « notre ambition n’est pas simplement de mobiliser davantage de résultats avec chaque franc investi, notre ambition est d’orienter de mieux les utiliser et de produire davantage les résultats avec chaque dollar, chaque franc guinéen investi».
La portée du reclassement se mesurera finalement moins à l’annonce elle-même qu’à sa capacité à faciliter le financement des projets, à soutenir l’activité des entreprises et à contribuer à des résultats économiques tangibles pour la Guinée.

