Drame à Hafia 1 : « Les piliers étaient dégradés »… les révélations d’un témoin après l’effondrement

3 min de lecture

L’effondrement d’un immeuble R+5 en construction à Hafia 1, dans la commune de Dixinn, a fait cinq morts et plusieurs blessés dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 août 2026.

Voisin de l’immeuble qui s’est effondré, Lamine Cissé affirme que l’état du bâtiment suscitait déjà des inquiétudes avant le drame.

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Selon son témoignage, d’importantes fissures avaient été constatées sur les murs et plusieurs piliers présentaient des signes de dégradation.
« Dans la soirée d’hier, le propriétaire est venu ici. On est allé ensemble visiter l’immeuble qui présentait des fissures partout sur les murs. Les piliers étaient dégradés. Même les fers à béton à l’intérieur des piliers étaient tordus. C’est ainsi que je lui ai dit : vraiment la situation de l’immeuble est inquiétante, mais il a crié sur moi. Je suis parti chez le chef de quartier, ce dernier est venu faire le constat et a mis le cadenas à la porte», a-t-il déclaré.

D’après Lamine Cissé, le propriétaire serait par la suite revenu sur les lieux afin de procéder au renforcement de certains piliers, avant d’autoriser à nouveau l’accèns au bâtiment. « Mais il ( le propriétaire de l’immeuble) est parti chercher des fers à béton pour renforcer des piliers. À son arrivée, il a dit qu’on peut rentrer maintenant car j’ai renforcé les piliers…»

« J’ai entendu le bruit de l’effondrement »

Le témoin raconte également les circonstances dans lesquelles il a découvert l’effondrement, affirmant avoir participé à l’évacuation des enfants présents dans les lieux. « Vers deux heures du matin, j’ai entendu le bruit de l’effondrement. Quand je suis sortie de la maison, j’ai constaté que le mur s’est effondré sur la route. Il n’y avait plus de passage. J’ai défoncé le climatiseur qui était fixé à la chambre de mon fils, avant d’évacuer les enfants par ce trou. Le reste des enfants ont été secouru grâce à l’aide de la population, ils se trouvent actuellement à l’hôpital. Mais malheureusement, on en a sorti d’autres qui sont morts sous les décombres. »

Lamine Cissé évoque enfin des difficultés qui auraient marqué le chantier depuis le début des travaux. Il affirme notamment que le chantier avait déjà fait l’objet d’une interruption. « Ce chantier, les travaux ont débuté dans la confusion. Quant les travaux ont commencé, l’habitat a ordonné l’arrêt des activités. Huit mois après, les travaux ont redémarré. Mais, chaque personne qui venait, évoquait toujours le cas de cet immeuble. Le dosage du ciment ne répondait pas aux normes. »