« Si quelqu’un merde, je vais le mater sans état d’âme. » C’est l’avertissement lancé par le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, à l’occasion d’une rencontre avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) de la région du Yatenga, lors de son séjour à Ouahigouya.
Face aux combattants engagés dans la lutte contre le terrorisme, le chef de l’État a tenu à rappeler qu’il n’existe aucune rivalité au sommet de la transition, rejetant toute comparaison avec les événements ayant conduit à l’arrivée au pouvoir de Thomas Sankara. « Que ce soit clair dans la tête de tout un chacun. Le contexte que nous vivons, ce n’est pas le contexte de 1987. Moi, je n’étais pas en prison et quelqu’un n’est pas venu me chercher après un coup d’État pour me mettre au pouvoir. C’est carrément différent », a déclaré Ibrahim Traoré, en faisant référence au parcours de Thomas Sankara et de Blaise Compaoré.
Le président de la transition a insisté sur le fait qu’il a personnellement pris part aux opérations ayant conduit au changement de pouvoir. Selon lui, il était en première ligne au moment des affrontements. « Quand j’ai quitté avec mes hommes, j’étais en tête. Il n’y avait pas un seul soldat devant moi. Je ne suis pas venu à Ouagadougou pour me cacher dans une villa et envoyer les autres agir à ma place. Quand la 14,5 a tonné, j’étais à moins de 100 mètres et j’étais la première cible », a-t-il affirmé.
À travers ces déclarations, le capitaine Traoré a voulu mettre fin aux spéculations sur une éventuelle hiérarchie entre les acteurs de la transition. « Évitez de faire l’amalgame. Il n’y a ni numéro 1, ni numéro 2. Il n’y a pas de numéro. Il n’y a pas deux capitaines dans un bateau. C’est clair et net », a-t-il martelé.
Le chef de l’État a également mis en garde contre les communications qui, selon lui, contribuent à valoriser excessivement certains officiers au détriment de la cohésion des forces engagées. « Si, par vos communications, vous faites croire que quelqu’un est plus fort que les autres, vous allez créer des problèmes à cette personne. Et vous en assumerez ensemble les conséquences », a-t-il averti.
Ibrahim Traoré a rappelé que tous les membres de son équipe sont mobilisés autour d’une mission commune et doivent s’y conformer sans réserve. « Tous ceux qui travaillent avec moi connaissent ma ligne de conduite. J’ai une mission, et tous suivent cette mission. C’est pour cela que nous sommes là. Et si quelqu’un merde, je vais le mater sans état d’âme », a-t-il conclu.

