Plus de soixante-douze heures après l’enlèvement présumé d’Ibrahima Zakaria Touré à son domicile, dans le quartier Yimbaya, commune de Gbessia, son avocat Me Almamy Traoré dénonce une interpellation effectuée en dehors de toute procédure légale et réclame des éclaircissements sur le sort réservé à son client.
Selon les informations rapportées par la famille, Ibrahima Zakaria Traoré aurait été emmené le mercredi 8 juillet 2026, aux environs de 14 heures, par des individus se présentant comme des agents des services spéciaux. Depuis, aucune information officielle n’aurait été communiquée sur son lieu de détention, les motifs de son arrestation ou ses conditions de détention.
Pour Me Almamy, avocat inscrit au Barreau de Guinée, les circonstances de cette interpellation sont préoccupantes. « C’est une histoire rocambolesque quand même. J’ai été informé par mes clients, la famille de Ibrahima Zakaria Touré, qui a été enlevé le mercredi passé à Yimbaya, à bord d’un véhicule relevant des services spéciaux. Enlevé, je le dis, parce qu’il n’y avait ni convocation, ni mandat. Ils sont venus le prendre pour une destination inconnue », a-t-il déclaré.
L’avocat affirme avoir entrepris plusieurs démarches afin de retrouver son client et d’obtenir des informations sur sa situation, sans succès jusqu’à présent. « Toutes les recherches, toutes les tentatives pour pouvoir rentrer en contact avec lui, n’ont pratiquement pas abouties. J’ai pris l’initiative d’aller rencontrer le procureur près le tribunal de première instance de Mafanco, parce qu’il a été enlevé sur le ressort territorial de sa compétence. Je lui ai donné des explications, pour attirer son attention là-dessus. Il a effectivement appelé au service spécial, il a appelé un officier des services spéciaux qui disait de lui donner le temps, il va s’informer et lui revenir », a expliqué Me Almamy Traoré.
Selon l’avocat, malgré cette intervention, aucune réponse ne lui a été apportée dans la journée. « En fin de journée, il n’y avait toujours pas de retour. J’ai pu joindre par téléphone à nouveau le procureur. À l’issue de mon échange avec lui, il a été convenu de lui adresser officiellement une demande d’intervention. Ce que j’ai fait hier matin vendredi. Je lui ai déposé une demande d’intervention », a-t-il précisé.
Me Almamy estime que les conditions de l’interpellation de son client constituent une entorse aux règles prévues par la loi. « Lui aussi à son tour, il va saisir officiellement le secrétaire général des services spéciaux. Pour qu’on sache de quoi ça retourne, parce que faire disparaître, venir enlever quelqu’un comme ça là, sans aucune forme de procédure, cela dénote de la violence, ça procède de la violation des droits humains. Quelle que soit l’infraction commise par un citoyen, il y a quand même une procédure qui est prévue par la loi, notamment le code de procédure pénale. Mais on ne peut pas, en violation de toutes ces règles de procédure là, venir enlever quelqu’un », a-t-il déclaré.
À ce jour, l’avocat affirme que ni la famille ni la défense ne disposent d’informations précises sur la situation de son client. « A date, personne ne sait où il est. Nous savons qu’il a été interpellé et embarqué par les agents des services spéciaux, mais son lieu de détention, ses conditions de détention, les motifs de sa détention ne sont pas connus. Donc à date, on est dans cette inquiétude là, la famille est dans cette inquiétude là », a-t-il indiqué.
Face à cette situation, Me Almamy annonce son intention de poursuivre les démarches auprès des autorités judiciaires dès le début de la semaine prochaine. « Le lundi, je compte aller plus haut, aller rencontrer le procureur général près de la cour d’appel de Conakry pour également attirer son attention et lui demander de saisir les services spéciaux pour qu’on sache pourquoi monsieur Ibrahima a été enlevé et qu’est-ce qu’on lui reproche ? Pour qu’on mette une forme quand même. Parce que cette façon de procéder c’est ce n’est pas digne de de de la république, ce n’est pas normal, ça ne se doit pas », a conclu l’avocat.

