Depuis près d’un an, la Guinée fait face à des tensions persistantes sur la disponibilité du numéraire. Une situation qui entrave l’accès des citoyens à leurs propres ressources financières, sur fond de volonté affichée des autorités d’accélérer la transition vers les paiements électroniques.
Dans la recherche de solutions durables aux difficultés de retrait d’argent observées dans les kiosques et points de service, l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée (UDCG) indique avoir pris part, jeudi dernier, à une réunion de concertation avec la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), l’Association des distributeurs agréés de monnaie électronique et l’Association des points de vente (PV).
À l’issue des échanges, des mesures jugées urgentes ont été arrêtées. Selon le président de l’UDCG, M’bany Sidibé, « la BCRG s’est fermement engagée à mettre à la disposition des distributeurs plus de 30 milliards GNF dans les différentes banques primaires, pour permettre aux distributeurs et PV d’accéder à leurs comptes sans limitation de retrait dans le but d’alimenter suffisamment les points de dépôts et des retraits ».
Cette annonce vise à desserrer l’étau sur les points de retrait, confrontés depuis plusieurs mois à des plafonds et à des ruptures fréquentes de liquidités.
Interrogé par TV5 Monde, le ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a toutefois écarté l’idée d’une crise structurelle de liquidités. « C’est vrai qu’il y a une volonté d’encourager des modes alternatifs de paiement des transactions financières, d’abord parce que ça facilite les transactions, mais aussi parce que cela offre une certaine traçabilité des ressources, qui fait aujourd’hui partie des mécanismes avérés de bonne gouvernance dans toutes les sociétés », a-t-il soutenu. Le ministre a insisté sur la nécessité de réduire les transactions de grande valeur en espèces et d’accompagner les citoyens vers ce qu’il présente comme une évolution inévitable des modes de paiement.
Malgré ces assurances et l’engagement d’injecter de nouvelles liquidités dans le circuit bancaire, le décalage entre le discours officiel et les difficultés quotidiennes rencontrées par les usagers reste perceptible. Entre promotion accélérée des paiements électroniques et dépendance persistante au numéraire, la résolution durable des tensions sur le cash demeure, à ce stade, incertaine en Guinée.


