Après seize années d’existence, le Championnat d’Afrique des nations (CHAN), compétition réservée aux joueurs évoluant dans les championnats locaux africains, a été retiré du calendrier de la Confédération africaine de football (CAF). Il sera remplacé par une nouvelle épreuve dénommée « Ligue africaine des nations».
L’annonce a été faite le 17 janvier 2026 par le président de la CAF, Patrice Motsepe, à la veille de la finale de la CAN 2025. Cette décision provoque une vague de critiques au sein du monde du football africain, notamment chez les journalistes sportifs, qui y voient un recul majeur pour la promotion des championnats locaux.
Dans un entretien accordé à Guinee360.com, Lancé Koivovogui, journaliste sportif à CIS Médias, estime que le CHAN constituait une plateforme incontournable pour les talents locaux. « Ceux qui évoluent en Afrique n’ont pas nécessairement la chance de jouer la Coupe d’Afrique des Nations. Et le championnat d’Afrique des Nations constitue pour eux un tremplin. Une vitrine pour les faire connaître (…) Donc supprimer cette compétition, je crois que c’est de pénaliser ceux qui évoluent sur le continent (…) En résumé, je suis contre la suppression du championnat d’Afrique des Nations. Dommage pour le football africain », a-t-il déploré.
Même son de cloche du côté de Mamadou Bah, journaliste sportif à la Radio Nostalgie, qui parle d’une décision aux conséquences profondes. « L’impact négatif est immense, tout simplement, c’est une déception qui n’a pas de limite (…) le CHAN a permis de donner une visibilité aux championnats locaux (…) Quand vous prenez le cas de la Guinée, Morlaye Sylla a été découvert par l’Afrique et le monde au CHAN », a-t-il rappelé.
Selon lui, la compétition jouait également un rôle stratégique dans l’évaluation des infrastructures sportives et la préparation des grandes échéances continentales. « Supprimer ce championnat aujourd’hui, non seulement c’est tout un monde qui s’écroule, c’est toute une histoire qui prend fin (…) on est en train de perdre notre identité », a-t-il regretté, appelant les fédérations africaines à faire entendre leur voix.
La suppression du CHAN ouvre ainsi un débat profond sur l’orientation du football africain, entre réformes institutionnelles et préservation des acquis historiques ayant contribué à l’émergence des talents locaux sur le continent.



