La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a été désignée “ Tyran de l’Année 2025” par l’ONG britannique Index on Censorship, une organisation qui défend la liberté d’expression à travers le monde. Ce titre, attribué à l’issue d’un vote en ligne, a mis en lumière les tensions politiques grandissantes en Tanzanie.
Arrivée au pouvoir en mars 2021 après le décès du président John Magufuli, Samia Suluhu Hassan ancienne vice-présidente, élue en 2015 puis réélue en 2020, a été confirmée à la tête de l’État lors de l’élection présidentielle de novembre 2025, avec 98% des voix selon la commission électorale. Un scrutin contesté par l’opposition et marqué par des violences à travers le pays.
C’est dans ce contexte que l’ONG Index on Censorship a décidé de placer la présidente tanzanienne en tête de son classement annuel. L’ONG estime que « sans les événements du 29 octobre 2025, Samia n’aurait jamais figuré sur cette liste ». Elle considère toutefois que la présidente tanzanienne « a agi comme le font les tyrans », en ignorant les appels à des réformes électorales avant les élections générales.
Selon l’ONG, le pouvoir a poursuivi le processus électoral malgré le boycott du principal parti d’opposition, l’arrestation de son leader Tundu Lissu et la stabilité d’un autre candidat par une décision judiciaire controversée. « Elle se moquait des élections libres et équitables et a maintenu sa campagne malgré le boycott du principal parti d’opposition », écrit Index on Censorship.
Dans son rapport, l’ONG accuse aussi les forces de sécurité d’avoir réprimé violemment les manifestants liées aux élections. Elle affirme que le scrutin de 2025 a été le plus meurtrier de l’histoire récente du pays, évoquant des tirs à balles réelles contre des manifestants, des arrestations arbitraires, des violences et des coupures d’Internet ayant limité l’accès à l’information et le travail des médias.
L’organisation souligne également la forte mobilisation des Tanzaniens lors du vote en ligne ayant conduit à cette désignation. La participation massive, notamment sur les réseaux sociaux, est perçue par l’ONG comme l’expression d’un profond mécontentement populaire face à la situation politique et aux restrictions des libertés publiques.
Index on Censorship rappelle que ce classement n’a pas de valeur de jugement judiciaire, mais vise à attirer l’attention de la communauté internationale sur les atteintes à la liberté d’expression et aux droits civiques. Pour l’ONG, la situation en Tanzanie illustre une dégradation préoccupante de l’espace démocratique dans le pays.



