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Edito | D’un serment à l’autre, la parole de Mamadi Doumbouya à l’épreuve du pouvoir

Par Abdoul Malick DIALLO
8 janvier 2026 à 08:17
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Le 17 janvier 2026, Mamadi Doumbouya prêtera serment comme Président de la République, à la suite de sa large victoire à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Ce moment solennel marquera officiellement la fin de la transition et l’entrée dans un nouvel ordre constitutionnel. Mais il soulève, en creux, une question politique et morale majeure : que vaut un serment lorsqu’il est suivi d’un autre qui en contredit l’esprit ?

Le 5 septembre 2021, alors lieutenant-colonel, Mamadi Doumbouya renverse le président Alpha Condé et prend la tête de la transition. Quelques semaines plus tard, conformément à la Charte de la transition, il prête serment devant la Cour suprême.

L’article 47 est sans ambiguïté. Le president de la transition jure notamment de « respecter et de faire respecter les dispositions de la Charte de la Transition » et de « remplir [ses] fonctions dans l’intérêt supérieur de la Nation ». Plus encore, il engage son honneur et accepte par avance les conséquences d’un éventuel parjure : « En cas de parjure, que je subisse les rigueurs de la loi; je le jure».

La Charte de la transition, socle juridique et politique du régime issu du coup d’État, reposait sur un principe fondamental : la neutralité des autorités de la transition dans la compétition électorale. Cette exigence n’était pas seulement implicite, elle a été réaffirmée publiquement par le principal intéressé. Dans son adresse à la nation du 31 décembre 2022, Mamadi Doumbouya se voulait catégorique, face aux inquiétudes nationales et internationales : « Ni moi, ni les membres du Comité national du rassemblement pour le développement, ni les membres du conseil national de la transition et encore moins les membres du gouvernement ne sera candidat aux futures élections. Cela veut dire que nous ne sommes candidats à rien. »

Cette déclaration, prononcée solennellement, valait engagement politique et moral. Elle visait à rassurer sur la sincérité de la transition et sur la volonté de rompre avec les pratiques de confiscation du pouvoir. Or, 4 ans plus tard, les faits sont là : Mamadi Doumbouya a été candidat à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, qu’il a remportée, ouvrant la voie à son investiture.

Le 17 janvier, un nouveau serment sera prêté, cette fois en vertu de la nouvelle Constitution. L’article 59 prévoit que le président de la République élu jure de « respecter et de faire respecter scrupuleusement la Constitution, les lois, les règlements et les décisions de justice », de « ne jamais recourir aux pouvoirs qui [lui] sont dévolus à des fins personnelles » et, là encore, accepte la sanction ultime du parjure : « En cas de parjure, que je subisse la rigueur de la loi ».
Ainsi, un serment chasse l’autre.

Juridiquement, le passage de la Charte de la transition à la Constitution peut être invoqué pour justifier une nouvelle légitimité. Politiquement, la victoire électorale confère une onction populaire indéniable. Mais moralement et symboliquement, la question demeure entière : peut-on violer un engagement solennel au nom d’un autre, sans fragiliser la parole publique ?

Le serment n’est pas un simple rituel. Dans l’histoire politique guinéenne, il a souvent été invoqué, rarement respecté. Chaque entorse affaiblit un peu plus la confiance entre gouvernants et gouvernés. La transition devait rompre avec ce cycle. En devenant candidat malgré ses engagements, Mamadi Doumbouya a franchi une ligne qui restera au cœur du débat politique et historique.

Son nouveau serment, le 17 janvier, sera scruté à l’aune de l’ancien. Il ne suffira pas de jurer à nouveau. Il faudra gouverner en tenant compte de cette rupture de parole initiale, en restaurant, par les actes, ce que les mots ont abîmé. Car en démocratie, la légitimité ne se mesure pas seulement dans les urnes, mais aussi dans la fidélité à la parole donnée.

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