Le procureur près le tribunal de première instance de Siguiri, Dominique Loua, a apporté des précisions concernant les décès enregistrés à la prison civile de Siguiri après le transfèrement de plusieurs détenus en provenance de Conakry.
Cette réaction intervient à la suite de la publication du journaliste Abdoul Latif Diallo, qui avait évoqué des cas de morts survenus après le transfert de détenus vers l’intérieur du pays.
Interrogé par nos confrères de Mediaguinee, le procureur Dominique Loua a confirmé les décès tout en rejetant catégoriquement les accusations selon lesquelles les détenus auraient été victimes de tortures ou de violences de la part de la garde pénitentiaire.
« Par rapport aux déclarations du journaliste Abdoul Latif, je voudrais apporter quelques précisions. Parce que dans son article, il fait savoir que ces gens qui sont décédés, c’est par la suite des tortures et de violences. C’est très regrettable qu’un journaliste de sa taille puisse publier des informations sans aller vérifier. Nous, nous avons reçu ces détenus à partir de Conakry. Ils sont rentrés ici, ils sont bien traités. Ils sont bien traités et la mort arrive dans toutes les maisons d’arrêt, dans toutes les prisons ça arrive.
Mais dire que ces gens ont été torturés par la garde pénitentiaire, c’est un grand mensonge. Et ce mensonge-là ne devait pas partir d’un journaliste professionnel comme lui, parce qu’il a tout le temps de venir vérifier à la source l’information. Mais s’il entend seulement les rumeurs et se met à écrire ça dans ses articles, je crois que c’est déplorable. Il n’a qu’à encore chercher à se renseigner. Nous, à la maison d’arrêt de Siguiri, il n’y a jamais eu de torture. Personne. Les corps ont été remis aux parents. Il peut aller demander aux parents s’il y a des traces de torture sur les corps qu’ils ont reçus. Donc c’est ce démenti-là que je voulais apporter, vraiment. Je vous remercie. »
Le procureur affirme ainsi qu’aucun cas de torture n’a été enregistré au sein de la maison d’arrêt de Siguiri et invite à vérifier directement auprès des familles ayant récupéré les dépouilles des détenus.
Pour rappel, ces transfèrements sont intervenus dans le contexte de la décision de démolition de la maison centrale de Conakry. Plusieurs détenus ont ainsi été orientés vers des établissements pénitentiaires de l’intérieur du pays, notamment celui de Siguiri, où ils sont arrivés le 16 août dernier.

