Vingt organisations de la société civile africaine dont Africtivistes, AfrikaJom Center, Y En A Marre, Tournons la page Togo, réagissent à la découverte de six corps dans une fosse commune à Forécariah. Dans une déclaration publiée ce dimanche 30 août, elles demandent aux autorités guinéennes de faire toute la lumière sur cette affaire et de situer les responsabilités.
Cette réaction intervient à l’occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées. Les organisations signataires dénoncent la découverte macabre de six corps dans le district de Sabakhouré, relevant de la sous-préfecture d’Allassoyah, dans la préfecture de Forécariah.
Elles rappellent que la Guinée est partie à plusieurs instruments internationaux et africains de protection des droits humains, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. À ce titre, elles estiment que l’État guinéen a l’obligation de garantir « le droit à la vie, à la vérité et à la justice ».
Les organisations signataires établissent également un lien avec d’autres cas de disparitions signalés ces dernières années. « Cette découverte tragique s’ajoute aux au moins 35 cas de disparitions forcées documentés par TLP-Guinée depuis le 5 septembre 2021 », soulignent-elles.
Elles rappellent aussi que quatre autres corps avaient été découverts dans la même préfecture en octobre 2025, sans qu’aucune conclusion d’enquête n’ait été rendue publique.
Préoccupées par les conditions dans lesquelles les corps ont été retrouvés, elles évoquent notamment les yeux et les bouches bandés ainsi que les mains ligotées. « Ces éléments particulièrement préoccupants font craindre que les victimes aient pu faire l’objet d’exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires », dénoncent-elles, tout en demandant que toutes les hypothèses soient examinées.
Les organisations exigent ainsi une enquête « indépendante, impartiale et transparente », avec l’appui d’experts médico-légaux nationaux et internationaux, la réalisation d’autopsies et de tests ADN, ainsi que la restitution des résultats aux familles. Elles demandent également la protection des témoins, des familles des victimes et des défenseurs des droits humains.
Prenant acte de la saisine des autorités judiciaires par plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et la FIDH, elles annoncent également avoir saisi des institutions sous-régionales, notamment la CEDEAO. « Nous appelons la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, ainsi que tous les partenaires de la Guinée à joindre leur voix à la nôtre pour que ce crime ne reste pas impuni », lancent-elles.
Cette sortie intervient alors que la Commission nationale de défense et de sécurité appelle, de son côté, à la prudence, soulignant qu’aucune conclusion définitive ne peut être tirée avant la fin des enquêtes.

