Dans un décret pris le lundi 24 août 2026, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a radié 173 militaires des effectifs des Forces armées guinéennes pour « désertion ». Alors que cette décision suscite de nombreuses réactions au sein de l’opinion, le général de division Mamadou Aliou Sow revient sur les dispositions légales qui encadrent la désertion et les obligations auxquelles sont soumis les militaires.
Dans un entretien accordé à la Direction de l’information et des relations extérieures de l’armée (DIRPA), le général de division Mamadou Aliou Sow, président du comité sectoriel Défense chargé de la réforme du secteur de la sécurité, a expliqué les règles qui encadrent notamment les absences et la désertion au sein de l’armée.
« Il faut d’abord rappeler que le statut général des militaires et le Code de justice militaire imposent des obligations particulières, notamment en matière de discipline, de disponibilité et de respect des ordres », a-t-il expliqué.
Selon le général, ces obligations imposent à tout militaire de respecter les règles relatives aux autorisations d’absence et de rejoindre son unité dans les délais qui lui sont impartis.
« Ainsi, l’absence non autorisée d’un militaire ou le fait de ne pas rejoindre son unité dans les délais prévus par la loi peut, selon les circonstances, constituer une désertion. Cette question revêt aujourd’hui une importance particulière au regard des récentes décisions de radiation de militaires déserteurs au sein des Forces armées guinéennes. Il est donc important de comprendre ce que la loi entend par désertion et quelles en sont les différentes formes », a-t-il précisé.
Le général de division Mamadou Aliou Sow a détaillé plusieurs situations susceptibles de caractériser une désertion en période de paix, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national.
« La désertion est, par définition, le fait pour un militaire, en temps de paix, à l’intérieur du pays, de s’absenter sans autorisation de son unité, de sa base, de sa formation ou de son lieu de traitement pendant six jours. Après une mission, un congé ou une permission, le militaire ne rejoint pas son unité ou ne se présente pas aux autorités compétentes dans les quinze jours suivant la date prévue pour son retour », a-t-il expliqué.
D’autres situations sont également prévues lorsque le militaire se trouve à l’étranger ou lorsqu’il est appelé à prendre part à une mission.
« Le militaire est absent sans autorisation au moment du départ d’un navire ou d’un aéronef militaire pour une destination hors du territoire national. À l’étranger, il quitte sans autorisation le territoire national pendant plus de six jours. Il s’absente sans autorisation de son unité pendant trois jours, ou ne donne pas de nouvelles dans les six jours qui suivent la date prévue pour son retour de mission, de congé, de permission ou de déplacement », a poursuivi le général. Il précise que ces délais sont réduits en période de conflit armé : « Il faut noter en clair : en période de conflits armés, ces délais sont réduits de deux tiers. »
Le général Mamadou Aliou Sow insiste enfin sur les conséquences auxquelles s’expose tout militaire qui ne respecte pas les obligations prévues par les textes en matière d’absence et de retour au sein de son unité.
« Ce qu’il faut retenir : tout militaire doit respecter les autorisations d’absence et rejoindre son unité dans les délais fixés. Et lorsqu’il ne le fait pas, il s’expose à des poursuites pénales ou à des sanctions administratives prévues par la loi », a-t-il conclu.

