Le Tribunal de première instance de Dixinn a rendu son jugement ce jeudi 25 juin 2026 dans deux procédures distinctes visant Abdoul Morgan Bah. Poursuivi d’une part pour viol présumé sur Oumou Diaby, et d’autre part pour coups et blessures volontaires sur Fatoumata Binta Sow, le prévenu a été relaxé du premier chef d’accusation, mais reconnu coupable dans le second dossier.
Il a ainsi été condamné à un an d’emprisonnement assorti d’une amende d’un million de francs guinéens pour les faits de violences. Détenu depuis le 4 septembre 2024, il comparaissait pour des faits prévus et réprimés par les articles 239 et 268 du Code pénal.
À la barre, Abdoul Morgan Bah a contesté les accusations de viol portées par Oumou Diaby. Il a soutenu que la relation était consentie et convenue contre rémunération, avant qu’un différend n’éclate. « Un lundi je me suis rendu à un restaurant qui se trouve à Kipé, au niveau de l’école française, pour chercher à manger. Quand j’ai fini de manger, j’avais déjà rencontré la fille avec qui j’ai négocié pour qu’on rentre ensemble à la maison. Elle m’a demandé de lui donner de l’argent. Arrivé à la maison, on est restés dans la chambre. Après, elle a demandé d’aller aux toilettes. Je loge dans une chambre et salon, mais il n’y a pas de toilettes à l’intérieur. Elle a pris le seau et, lorsqu’elle est sortie, j’ai entendu du bruit dehors. Je suis sorti demander ce qui se passait. Elle m’a dit : “Non, c’est bon, donne-moi mes habits.” »
Interrogé sur le non-paiement de la somme convenue, le prévenu a affirmé n’avoir jamais refusé de payer.
Le tribunal a ensuite donné lecture du procès-verbal d’enquête de Oumou Diaby, qui maintient sa version des faits. « J’ai rencontré Abdoul Morgan. Nous avons convenu de 150 000 Gnf. Une fois dans sa chambre, je lui ai demandé de payer d’abord l’argent du taxi-moto. C’est ainsi qu’il s’est énervé, m’a déshabillée de force et a abusé de moi trois fois. Dans le but de m’échapper, j’ai demandé à aller aux toilettes. Une fois dehors, une famille qui logeait à côté m’a prêté des habits. »
Second dossier : coups et blessures
Lors de l’audience, le juge a également examiné le second dossier impliquant Fatoumata Binta Sow. L’ordonnance de renvoi ne retient dans ce cas que les faits de coups et blessures.
Le procès-verbal de la plaignante a également été lu : « Courant septembre vers 22 heures, je négociais avec un motard à 35 000 francs. Au cours de la route, celui-ci m’a suppliée de le laisser prendre un second passager, chose que j’ai acceptée difficilement. Arrivé à Kobaya, il a quitté la route principale pour emprunter un chemin qui nous a conduits dans sa cour. Après les faits, il a ouvert mon sac et pris de l’argent. C’est ainsi que sa famille a demandé un règlement afin de ne pas engager des poursuites. »
Arguments des parties
La défense a insisté sur la distinction entre les deux dossiers, rappelant que seul celui d’Oumou Diaby porte sur des faits de viol, tandis que celui de Fatoumata Binta Sow concerne exclusivement des coups et blessures.
Le ministère public a estimé que les éléments du dossier ne permettaient pas de retenir l’infraction de viol, évoquant l’existence d’un accord préalable entre les deux parties. Il a requis la relaxe sur ce chef d’accusation.
En revanche, il a considéré les faits de violences établis dans le second dossier et a requis un an d’emprisonnement ainsi qu’une amende d’un million de francs guinéens.
La défense, de son côté, a demandé la relaxe pour le viol et la prise en compte de circonstances atténuantes pour les coups et blessures, sur la base des articles 115 et 116 du Code pénal.
Au terme des débats, le tribunal a déclaré Abdoul Morgan Bah non coupable du chef de viol dans le dossier impliquant Oumou Diaby.
En revanche, il a été reconnu coupable de coups et blessures dans l’affaire concernant Fatoumata Binta Sow et condamné à un an d’emprisonnement, assorti d’une amende d’un million de francs guinéens.

