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Afrique

Mali: visite du président IBK dans le village dévasté d’Ogossagou

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Bétail brûlé, cases incendiées, c’est la désolation à Ogossagou, dans le centre du Mali où s’est rendu le président Ibrahim Boubacar Keïta. C’est dans cette localité, près de Bankass, que 160 civils peuls ont été massacrés, samedi 23 mars, selon le dernier bilan annoncé par le porte-parole du gouvernement Amadou Koïta. Désormais, le village est totalement vidé de ses habitants.

C’est dans une localité désertée que le président de la République du Mali est arrivé en hélicoptère. Les lieux sont ceux d’un véritable massacre symbolisé par deux homicides. D’abord, la mort du chef du village, qui a été tué devant son épouse. Ensuite, les assaillants s’en sont pris à toute sa famille. Puis, quelques mètres plus loin, c’est le marabout du village qui a été assassiné. De sa maison, on ne voit désormais que des restes calcinés. Le grenier a été entièrement détruit dans un incendie et des bêtes ont été brûlées.

Après la visite du village, le président Ibrahim Boubacar Keïta a exprimé devant la presse son émotion après les événements.

Ibrahim Boubacar Keïta, président malien: « Ce que j’ai vu là, ces gamines qui n’ont rien fait, criblées de balles, (…) ces personnes âgées calcinées, ces maisons où l’on sait qu’il y a des êtres humains à l’intérieur et que l’on enflamme, ça rappelle des horreurs que nous croyions définitivement enfouies dans la mémoire historique… »


Un peu plus loin, on remarque une fosse commune. Une quarantaine de personnes y ont été enterrées. Les rescapés, mais aussi les officiels et les secours sont abattus. Le président de la République a échangé quelques mots avec ceux qui sont revenus. La tristesse se lit sur les visages. Tout a été dévasté dans ce village.

Des survivants inquiets

Les équipes de secours s’affairent au milieu des maisons, des greniers et des véhicules calcinés. Il y a une équipe de la protection civile du Mali sur place avec quelques vivres, quelques médicaments, mais cela ne suffit pas à réconforter les populations qui sont revenues, parce qu’elles étaient parties en brousse. Il y a aussi une équipe de la Croix-Rouge venue apporter une assistance.

Amadou Yaro, président du Conseil du Cercle de Bankass: « C’est très important, tout le monde veut la sécurité aujourd’hui, tout le cercle veut la sécurité. Aujourd’hui, nous disons que trop c’est trop, il est temps de faire taire les armes et allons vers le dialogue de réconciliation et de paix. »

Côté sécurité, les militaires sont partout. Les habitants espèrent néanmoins que ce dispositif va rester après la visite d’Ibrahim Boubacar Keïta et qu’ils ne vont pas se retrouver livrés à eux-mêmes sans plus aucune force de sécurité.

Source: RFI

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