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Déguerpissement à Koloma : «Nous prions le gouvernement de ne pas nous chasser comme des chiens»

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Déguerpissement à Koloma : «Nous prions le gouvernement de ne pas nous chasser comme des chiens»

L’opération de déguerpissement du centre directionnel de Koloma est en cours il y a près de 3 jours. Kiosques, maquis, restaurants,… s’écroulent sous la force du caterpillar ces deux premiers jours, avec un contrôle strict de la gendarmerie. Sur place, des remords et pitiés se font lire sur le visage des habitants de la zone.

«Nous passons la nuit à la belle étoile depuis que nous avons appris que nos bâtiments seront dégagés», affiche Aicha Dalanda Barry, que nous avons trouvé en larme dans son foyer avec des voisines venues partager ses peines.

Dame Aicha Dalanda, a été avertit de quitter sa maison où elle vivait depuis plus 30 ans avec son mari et ses enfants. Quand elle a appris la “mauvaise nouvelle”, la cinquantenaire a préféré du coup, mettre ses meubles dehors pour crainte d’être surpris nuitamment et renverser son bâtiment, à l’en croire.

«Nous passons la nuit à la belle étoile depuis lors, avec la peur dans le ventre…», témoigne t-elle apparemment abattue.

Déguerpissement, d’accord mais la manière…

Comme indiqué ci-dessus, dès que le feu vert a été donné par le ministre de l’Aménagement du Territoire, l’opération de déguerpissement a commencé par les bars et autres endroits de distractions, y compris le petit marché qui s’y trouve en attendant que les habitants soient hors de leur appartement.

Par ailleurs, un côté a plu beaucoup d’entre eux. Saccager les maquis et les endroits où les jeunes filles se prostituaient, ce geste est appréciable, se réjouissent-ils. Mais leurs habitations, l’Etat devrait voir autrement, se plaint Elhadj Ousmane, l’un des premiers occupants de ce site depuis 1968. Ce vieil homme affirme avoir trouvé sur ce site une énorme forêt, de par le courage, il a pu s’installer là.

«Venir subitement nous dégager de là, c’est dur. Nous n’avons pas où aller», regrette le quadragénaire. «Que nous soyons rétablis dans nos droits étant des faibles», plaide Elhadj Ousmane.

A ses côtés, se trouve Mamady Sacko. Il a aussi un âge avancé, et il a, à peu près 30 personnes sous son toit. Avec un air de pitié, Mamady Sacko plaide simplement à ce que Alpha Condé leur trouve un logement pour être à l’abri des intempéries de la nature pendant cette période, et leur fournir des terres pour se faire des logements.

«Nous prions le gouvernement de ne pas nous chasser comme des chiens», lance le vieux Sacko avec un ton pathétique.

Même si beaucoup reconnaissent tout de même que ce domaine est étatique, ils estiment néanmoins avoir des titres fonciers. Toutefois, c’est l’Etat qui est fort, il est capables de déguerpir qui il veut, reconnait Daouda Camara.

Le jeune homme qui verra la maison de son père s’écrouler dans les prochains jours, lance un cri de cœur au ministre de l’Habitat et au Chef de l’Etat: «qu’ils nous dédommagent».

Pour le moment, ces victimes se disent avoir pour seul recours, la Justice pour réclamer dédommagement. Des juristes martèlent que l’Etat devrait trouver un endroit où loger ces citoyens avant de commencer le processus de déguerpissement, car c’est un droit pour eux.

Certes l’on est en saison sèche, mais vu le niveau d’insécurité que connait la ville de Conakry de nos jours, ces citoyens de cette zone de Koloma craignent pour leur vie en passant les nuits dehors.

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