À travers une cérémonie solennelle organisée ce mercredi 20 mai 2026 à Conakry, la Société Guinéenne de Palmiers à Huile et d’Hévéa, SOGUIPAH, a officiellement présenté son plan stratégique ainsi que le projet de contrat-programme destiné à encadrer sa relance et sa transformation structurelle.
Cette initiative majeure bénéficie de l’accompagnement technique d’Expertise France, du cofinancement de l’Agence française de développement (AFD) et de l’Union européenne avec l’appui des ministères sectoriels. Elle marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités et des partenaires techniques et financiers de repositionner la SOGUIPAH comme un acteur stratégique du développement économique et industriel de la Guinée.
La rencontre a réuni plusieurs représentants des institutions publiques, des partenaires internationaux ainsi que des responsables de la société d’État, autour d’un objectif commun : bâtir un modèle économique durable, compétitif et créateur de valeur pour les populations.

Prenant la parole au cours de la cérémonie, le Directeur général de la SOGUIPAH, Julien Dramou, a insisté sur la portée stratégique de cette nouvelle orientation. « A travers cette démarche, nous avons voulu doter la SOGUIPAH d’une vision claire, réaliste et ambitieuse pour les prochaines années. Une vision fondée sur la restauration durable des capacités industrielles de l’entreprise, l’amélioration de la productivité agricole, la modernisation des infrastructures, la transformation locale de nos produits, la création de valeurs ajoutées nationales, l’amélioration de la gouvernance et le renforcement de l’impact socio-économique de la SOGUIPAH au bénéfice des travailleurs, des planteurs de toutes catégories, des transporteurs et des communautés locales. »
À travers cette déclaration, la direction générale affiche sa volonté de replacer la société au cœur de la dynamique de transformation économique nationale. Le plan stratégique présenté repose notamment sur la modernisation des unités industrielles, le développement des plantations agricoles, l’amélioration de la logistique et du transport, mais également sur un assainissement progressif de la situation financière de l’entreprise.
Dans son intervention, Julien Dramou a également souligné l’importance d’une mobilisation collective pour réussir cette relance. « Les défis auxquels la SOGUIPAH reste confrontée sont importants, mais les opportunités le sont tout autant. Notre conviction est que la relance durable de la SOGUIPAH passe nécessairement par une mobilisation collective, un partenariat renforcé entre l’État, les partenaires techniques et financiers et le secteur privé, ainsi qu’une adhésion pleine et entière des travailleurs et des communautés à cette dynamique de transformation. C’est pourquoi nous considérons cette cérémonie non comme une finalité, mais comme le point de départ d’une nouvelle étape de développement, une étape placée sous le signe de la responsabilité, de la performance, de la transparence et de l’ambition. »

Le représentant d’Expertise France, Nicolas Huet, a rappelé que ce travail stratégique est le résultat d’un processus de co-construction mené durant dix-sept mois entre les différentes parties prenantes. « Les deux appuis qui ont structuré le travail que nous avons fait ensemble ont été réalisés dans une co-construction commune pendant 17 mois. Ces activités ont été financées par l’Union européenne dans le cadre de deux composantes du programme, l’une à l’appui au corps de contrôle et notamment à l’Inspection générale d’État et l’autre au renforcement et à l’appui des établissements publics administratifs et des sociétés d’État. »
Selon lui, les travaux engagés ont permis de conduire une véritable mission d’évaluation des performances de la société, avec l’implication de l’Inspection générale d’État et d’experts internationaux. « Cette mission a consisté à examiner les activités et la production de la société, les moyens mis en œuvre, ainsi qu’à mesurer les écarts entre les objectifs de production fixés par les autorités de tutelle, les conseils d’administration et les réalisations. Elle a pour objet de s’assurer que les activités sont gérées selon les principes d’économie et d’efficience, comme il est attendu pour toute société d’État, mais également dans un souci de prendre en compte les impacts et effets sur l’environnement. »
Au-delà de l’évaluation opérationnelle et financière, l’accent a également été mis sur la gouvernance interne et les mécanismes de contrôle. « La mission devait aussi s’assurer de l’existence d’un système interne de surveillance propre et permettre l’identification des faiblesses ou insuffisances, mais également des dysfonctionnements susceptibles de favoriser les opportunités pouvant s’assimiler à des fraudes ou des détournements à tous les niveaux de la société. Une sorte de contrôle ou d’audit interne au niveau de la SOGUIPAH. »
À l’issue de cette mission, plusieurs recommandations ont été formulées afin d’améliorer durablement les performances de l’entreprise. « Des recommandations ont été formulées en vue d’apporter les améliorations nécessaires pour renforcer les performances de la société à travers une gestion conforme et la réalisation effective de ses objectifs. »
Les partenaires techniques ont également salué les premières réformes engagées au sein de la société. Parmi les avancées majeures évoquées figurent la réduction significative de la dette, la reprise des activités agricoles et la modernisation progressive des installations industrielles. « D’autres mesures fortes ont été également prises, à savoir la réduction de la dette, qui est passée de 73 milliards à 43 milliards, avec en plus l’obtention d’un prêt de 10 milliards avec l’appui de la Primature, la reprise de l’entretien de la fertilisation, la modernisation de l’huilerie avec une production beaucoup plus importante, l’acquisition d’outils de récolte et le renouvellement des pièces critiques de l’usine, dans l’objectif de sa modernisation. »
Ces mesures traduisent une volonté claire de restaurer la compétitivité de la SOGUIPAH et de créer les conditions d’une croissance durable dans les filières du palmier à huile et de l’hévéa.

Intervenant au nom du ministère de l’Agriculture, Oumar Barry a mis en avant le rôle économique et social majeur de la SOGUIPAH dans le développement du pays. « Aujourd’hui, la SOGUIPAH emploie au minimum 4000 personnes, et c’est un levier de développement pour notre pays. Ce contrat qui a été élaboré et mis à la disposition du ministère de l’Agriculture aujourd’hui va permettre à la SOGUIPAH de se relancer. »
Le représentant du département ministériel a également inscrit cette relance dans la vision nationale portée par le programme Simandou 2040. « Avec le programme Simandou 2040, aujourd’hui, l’objectif national est de produire mais aussi de transformer sur le plan local pour créer des entreprises et des emplois. Donc la SOGUIPAH est cette institution qui peut nous permettre d’aller très vite dans ce sens. Les éléments qui nous ont été présentés vont nous permettre, si nous respectons bien le contenu, de relancer la SOGUIPAH et de mettre en place cette usine de 6 tonnes par heure qui va permettre à la SOGUIPAH de se relancer complètement, de transformer toute la Guinée forestière d’abord et aussi toute la Guinée en général. »
Au cours de la cérémonie, les responsables de la SOGUIPAH ont précisé que la mise en œuvre du plan de pilotage reposera principalement sur trois outils stratégiques : le rapport général, les fiches initiatives et le modèle économique et financier.
La rencontre s’est achevée par la remise officielle du projet de contrat-programme aux autorités de tutelle technique et financière. Ce document est présenté comme une feuille de route structurante destinée à accompagner la transformation de la société autour d’objectifs précis, de réformes prioritaires et d’investissements ciblés.
À travers cette nouvelle dynamique, la SOGUIPAH ambitionne désormais de redevenir un pilier de l’agro-industrie guinéenne, capable de stimuler la transformation locale, de renforcer l’emploi et de contribuer durablement au développement économique et social du pays.

