OGP : Mohamed Bangoura face au lourd héritage de Mandian Sidibé et d’Aladji Cellou Camara

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Nommé le 15 octobre 2026 à la tête de l’Office guinéen de publicité (OGP), Mohamed Bangoura prend les commandes d’une institution confrontée depuis plusieurs années à des controverses de gestion et à des affaires judiciaires impliquant d’anciens dirigeants. Après Paul Moussa Diawara, Mandian Sidibé et Aladji Cellou Camara, le nouveau directeur général devra rétablir la confiance et démontrer que le changement de direction peut s’accompagner d’une évolution durable des pratiques.

L’histoire récente de l’Office guinéen de publicité est marquée par une succession de dirigeants dont les passages à la tête de l’institution ont été suivis de procédures judiciaires. Paul Moussa Diawara, Mandian Sidibé et Aladji Cellou Camara, tous issus du milieu journalistique, ont été confrontés, à des degrés différents, à des affaires liées à leur gestion de l’Office.

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La nomination de Mohamed Bangoura intervient dans ce contexte. Ancien journaliste-présentateur à la Radiodiffusion télévision guinéenne (RTG) et ancien coordinateur de la cellule de communication de la Primature, il succède à Aladji Cellou Camara, limogé le 28 juin 2026 pour “inconduite.”

Depuis le départ de son prédécesseur, la gestion des affaires courantes était assurée par le responsable des opérations, dans l’attente de la désignation d’un nouveau directeur général.

Au-delà de ce changement à la tête de l’OGP, plusieurs questions demeurent : quelles sont les difficultés qui fragilisent durablement cette institution ? Dans quelle mesure relèvent-elles des choix de gestion des dirigeants successifs ou de problèmes plus profonds de gouvernance et de contrôle ? Et surtout, quels changements Mohamed Bangoura pourra-t-il concrètement mettre en œuvre ?

Trois anciens directeurs confrontés à des procédures judiciaires

Avant Aladji Cellou Camara, Paul Moussa Diawara et Mandian Sidibé ont dirigé l’OGP. Leurs parcours judiciaires, bien que distincts, ont contribué à placer la gestion de cette structure publique au centre de l’attention.

Paul Moussa Diawara avait été condamné, avec son directeur administratif et financier, dans une affaire de détournement présumé de fonds publics. La procédure a ensuite connu un tournant devant la Cour suprême, qui a rendu une décision favorable aux deux hommes.

Le parcours de Mandian Sidibé a également été marqué par des investigations portant sur des faits présumés liés à la gestion de l’Office. Après son départ de la direction générale, l’ancien responsable de la radio Planète FM a été entendu par les services chargés des enquêtes économiques et financières. Son dossier a ensuite été transmis à la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Il a par la suite bénéficié d’une remise en liberté provisoire, selon les informations rapportées par la presse. Cette mesure ne saurait toutefois être assimilée à un acquittement.

Aladji Cellou Camara, ancien journaliste à L’Observateur, a lui aussi été concerné par une procédure judiciaire après son passage à la tête de l’OGP. Limogé en juin 2026 après environ deux ans de fonctions, il est détenu dans le cadre d’une affaire portant sur des faits présumés de corruption.

Ces trois dossiers ne présentent ni nécessairement les mêmes faits ni les mêmes issues judiciaires. Ils ne peuvent donc être considérés comme équivalents. Leur succession soulève néanmoins des interrogations légitimes sur les mécanismes de contrôle, les pratiques de gestion et le fonctionnement de l’OGP.

L’existence de procédures judiciaires visant plusieurs anciens responsables constitue un élément important du contexte. Elle ne suffit cependant pas, à elle seule, à établir que l’institution serait structurellement défaillante ni à attribuer les difficultés rencontrées à une cause unique.

Au-delà des affaires judiciaires, la gestion de l’OGP a été associée à des critiques concernant les tensions internes, les arriérés de salaires et des soupçons de mauvaise gestion. Ces questions touchent directement au fonctionnement de l’institution et à sa capacité à remplir ses missions dans des conditions satisfaisantes.

Pour déterminer l’ampleur de ces difficultés, plusieurs éléments mériteraient d’être examinés : l’état des finances de l’Office, l’évolution de ses recettes, le niveau de ses créances, la situation des rémunérations du personnel ainsi que les résultats des éventuels audits et contrôles administratifs.
La transparence dans l’attribution des contrats publicitaires, le suivi des recettes et les mécanismes de contrôle interne constituent également des enjeux importants.

Lors de sa prise de fonction, Aladji Cellou Camara avait affiché sa volonté de rompre avec les mauvaises pratiques et de restaurer la crédibilité de l’Office. Son départ, suivi d’une procédure judiciaire, n’a pas permis de dissiper toutes les interrogations entourant la gestion de la structure.

Cette situation rappelle les limites des changements de direction lorsqu’ils ne s’accompagnent pas de mesures institutionnelles durables. Le remplacement d’un responsable peut modifier les priorités et les méthodes de travail, mais il ne garantit pas, à lui seul, une amélioration de la gouvernance.

Mohamed Bangoura attendu sur des résultats concrets

Le nouveau directeur général arrive à la tête de l’OGP avec une expérience acquise dans les médias et au sein de l’administration publique. Son passage à la RTG et ses fonctions à la Primature constituent des éléments de son parcours, mais l’efficacité de son action dépendra des décisions qu’il prendra dans ses nouvelles fonctions.

Plusieurs chantiers pourraient être déterminants : renforcer la transparence financière, améliorer les procédures de contrôle, clarifier les responsabilités au sein de l’administration et répondre aux préoccupations sociales du personnel.

La publication régulière d’informations sur la situation financière de l’Office, dans le respect des règles applicables, pourrait contribuer à renforcer la confiance des travailleurs, des partenaires institutionnels et des acteurs du secteur publicitaire.

La gestion des contrats et des recettes mérite également une attention particulière. Des procédures clairement définies, une traçabilité des opérations et des contrôles effectifs permettraient de mieux prévenir les irrégularités et de faciliter l’évaluation des résultats obtenus.

Sur le plan social, la situation des travailleurs constitue un autre indicateur important. Si les arriérés de salaires et les tensions internes persistent, leur traitement devra figurer parmi les priorités de la nouvelle direction. Un dialogue régulier avec les représentants du personnel pourrait contribuer à identifier les difficultés et à établir un calendrier réaliste de résolution.

La succession de plusieurs dirigeants confrontés à des procédures judiciaires place Mohamed Bangoura sous une attention particulière. Mais réduire l’avenir de l’OGP à la personnalité de son nouveau directeur serait insuffisant.

La question centrale est aussi celle des règles de fonctionnement de l’institution : comment les ressources sont-elles administrées ? Quels mécanismes permettent de détecter et de corriger les irrégularités ? Les organes de contrôle disposent-ils des moyens nécessaires pour accomplir leurs missions ? Et les recommandations formulées à la suite des contrôles donnent-elles lieu à des mesures effectives ?

Pour Mohamed Bangoura, l’enjeu est donc double : assurer le fonctionnement quotidien de l’Office et contribuer à améliorer durablement ses pratiques de gestion. La crédibilité de son action se mesurera à la capacité de sa direction à produire des résultats vérifiables, à rendre compte de ses décisions et à corriger les difficultés documentées.

Mohamed Bangoura parviendra-t-il à tourner la page des crises qui ont marqué l’histoire récente de l’OGP ? La réponse dépendra moins des circonstances de sa nomination que des réformes engagées, de leur mise en œuvre et des résultats obtenus.

Dans une institution régulièrement confrontée à des controverses sur sa gestion, le changement de directeur général constitue une occasion de réexaminer les pratiques et les mécanismes de contrôle. Encore faudra-t-il que cette nouvelle étape s’accompagne d’engagements précis, de mesures vérifiables et d’une transparence suffisante pour permettre au public d’en apprécier les effets.