Le ministre de l’Élevage, Alpha Bacar Barry, a procédé, ce samedi 17 octobre 2026, à la pose des premières pierres de futures boucheries modernes dans plusieurs communes de Conakry. Ce projet, qui prévoit également l’acquisition de camions frigorifiques et d’équipements adaptés, ambitionne d’améliorer les conditions de travail des professionnels de la filière bétail-viande et de renforcer la sécurité sanitaire de la viande destinée aux consommateurs.
C’est une nouvelle étape dans la modernisation de la filière bétail-viande en Guinée. À l’initiative du président Mamadi Doumbouya, qui entend doter les communes du pays de boucheries modernes répondant aux standards internationaux, le ministre de l’Élevage, Alpha Bacar Barry, a lancé les travaux de construction des premières infrastructures prévues dans le Grand Conakry.
La tournée ministérielle a débuté à 10 heures sur le site du lot n° 1, à Tombo, dans la commune de Kaloum. L’équipe s’est ensuite rendue successivement à Sanoyah, Manéah, Kagbélen et Sonfonia, avant de terminer cette première journée à Lambanyi, à 15 h 20.
À chaque étape, la cérémonie a été marquée par des prières et des bénédictions formulées par les sages et les leaders religieux des localités concernées. Un moment symbolique qui a précédé la pose des premières pierres et le lancement officiel des travaux sur les différents sites.
Treize boucheries modernes pour transformer la filière à Conakry
Au-delà de la construction de nouveaux bâtiments, le projet vise à apporter des changements concrets dans l’organisation du métier de boucher, les conditions de conservation de la viande et les pratiques d’hygiène sur les lieux de vente.
Prenant la parole au cours de la tournée, le ministre de l’Élevage, Alpha Bacar Barry, a inscrit cette initiative dans la vision de développement portée par le chef de l’État, notamment à travers le programme Simandou 2040. “C’est dans le cadre le cadre de la vision du président de la République Simandou 2040, de doter nos communes, structures et localités d’infrastructures et de la chaîne de valeur d’élevage d de qualité aux standards et aux normes internationaux dans les communes de Conakry et dans d’autres communes de l’intérieur du pays.”

À Conakry, treize boucheries modernes sont annoncées. Elles devraient notamment permettre de relocaliser les bouchers qui exercent actuellement dans des conditions jugées précaires, tout en favorisant une meilleure structuration de la profession.
Pour le département de l’Élevage, l’enjeu est aussi de faire évoluer les pratiques, en mettant à la disposition des professionnels des équipements adaptés et des possibilités de formation. “À Conakry, il y a 13 boucheries que nous allons implanter afin que l’on puisse relocaliser les bouchers actuellement installées, mais aussi être dans une professionnalisation du métier de boucher. Mais aussi apporter de la formation, des équipements et surtout ce qui est plus important, c’est de garantir à nos populations une viande de qualité, bien protégée, dans des conditions d’hygiène, de santé et de sécurité optimales.”
Les futures infrastructures comprendront plusieurs espaces dédiés aux différentes étapes du traitement et de la conservation de la viande. Des installations qui doivent permettre de mieux encadrer les opérations, depuis la préparation jusqu’au stockage, tout en améliorant la gestion des déchets. “Il y aura des boutiques, une salle de transformation, une salle de traitement des eaux usées et des déchets. Il y aura également des chambres froides pour conserver de la viande.”
Le programme ne devrait pas se limiter à la capitale. Selon Alpha Bacar Barry, des démarches sont déjà engagées pour identifier les espaces susceptibles d’accueillir ces infrastructures dans les autres communes du pays. “Nous sommes en train d’identifier les espaces. Beaucoup de préfectures ont déjà identifié des espaces, donc aussitôt, peut-être la semaine prochaine, si Dieu nous prête encore vie. Merci beaucoup.”
Présente aux côtés du ministre durant cette tournée, la gouverneure de la ville de Conakry, Mahawa Sylla, a salué le lancement du projet. Elle y voit une réponse aux préoccupations sanitaires liées aux conditions actuelles d’exercice du métier de boucher, mais aussi une occasion d’améliorer les services proposés aux populations. “C’est un sentiment de joie et de réconfort de voir la vision du président de la République, Mamadi Doumbouya, à réaliser les boucheries modernes dans la ville de Conakry pour le bien-être des populations. Un projet qui va donner la santé à nos populations parce que nous savons dans quelles conditions les boucheries travaillent.”
Pour la gouverneure, la modernisation de cette activité doit également contribuer à valoriser un métier essentiel à la vie quotidienne, tout en ouvrant de nouvelles perspectives aux jeunes en quête d’emploi. “Comme l’a dit le ministre, c’est un métier aussi noble que tous les autres métiers qu’ils veulent vraiment moderniser pour le bien-être des populations, mais aussi rendre à la jeunesse son droit de trouver un travail parce que tout le monde ne peut pas être dans les bureaux.”
Mahawa Sylla a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux des travaux. Elle a appelé les autorités communales à veiller au respect des normes techniques et sanitaires, mais aussi des délais d’exécution.
L’enjeu, selon elle, est de préparer dès maintenant les futurs bénéficiaires à prendre le relais une fois les infrastructures achevées. La formation annoncée par le ministère de l’Élevage devrait ainsi permettre de disposer d’une main-d’œuvre qualifiée pour assurer le fonctionnement des nouvelles boucheries. “Chaque mairie est composée d’un ensemble de personnel, c’est-à-dire de cadres. Donc nous allons les obliger à suivre d’abord la réalisation dans les meilleures conditions et le délai requis, mais aussi à encourager la jeunesse à se préparer pour la formation que le ministère de l’Élevage va bientôt entamer pour qu’à la fin de ces réalisations, nous puissions avoir la main-d’œuvre sur la main.”
Du côté des professionnels de la filière, le lancement des travaux suscite également des attentes. Le président de la Fédération interprofessionnelle nationale bétail-viande de Guinée (FINABEV-Guinée), Hassane Bah, a exprimé la satisfaction des acteurs, qui espèrent voir leurs conditions de travail évoluer grâce à ces nouvelles infrastructures.
Il rappelle que de nombreux professionnels exercent encore dans des environnements peu adaptés à leurs activités. Pour eux, la construction de boucheries modernes représente donc une perspective d’amélioration, tant sur le plan des équipements que sur celui de l’organisation du métier. “Nous avons vraiment accueilli cette nouvelle avec de la joie. Puisque si vous constatez les conditions de travail précaires que nous travaillons, aujourd’hui si on pense à améliorer ces conditions de travail, nous ne pouvons être que satisfaits. Et cela dans le cadre du projet Simandou 2040, l’agriculture est le premier pilier, ce sont ces projets qui sont en train d’être mis en œuvre. Nous remercions le président de la République qui, à travers son ministre de l’Élevage, est en train de dérouler une politique au niveau de l’élevage qui permet de moderniser l’infrastructure existante pour donner des conditions de travail décentes aux acteurs de la filière.”
Mais pour Hassane Bah, la réussite de cette initiative ne se mesurera pas uniquement au nombre de bâtiments construits. La question de leur gestion après livraison sera tout aussi déterminante pour garantir leur durabilité et leur rentabilité au bénéfice des professionnels. “Notre rapport, c’est de les appuyer dans la gestion de ces infrastructures. Parce qu’il ne suffit pas de mettre en place l’infrastructure, mais l’après-infrastructure, la gestion de l’infrastructure pour qu’elle puisse être durable et rentable aux acteurs, ce sera notre rôle de veiller à ce que l’on fait bon usage de cette infrastructure qui sera mise en place.”
Cette préoccupation place la gestion quotidienne, l’entretien des équipements et l’implication des acteurs de la filière au cœur des enjeux liés à la mise en service des futures boucheries.
Au niveau communal, l’accent est également mis sur la qualité d’exécution des travaux. À Sanoyah, une des vice-maires a insisté sur la nécessité de respecter les exigences techniques et sanitaires en vigueur, afin que les infrastructures répondent effectivement aux besoins des populations et des professionnels. “Nous exhortons et formulons nos vœux que les travaux soient exécutés dans les règles de l’art, dans les normes sanitaires et techniques en vigueur.”
À Manéah, l’annonce du projet a aussi été accueillie favorablement par certains habitants. Nabinty Soumah, citoyenne de la localité, a notamment souligné les difficultés auxquelles les professionnels et les populations sont confrontés dans les conditions actuelles. “C’est une initiative salutaire, car nous sommes exposées sur la route. Aucune bonne initiative de dépasse celle là .”
Des emplois et des équipements prévus dans chaque commune
Au-delà des infrastructures, le projet comporte un volet consacré à l’emploi et à l’équipement des communes bénéficiaires. Selon les données communiquées, chaque commune concernée devrait bénéficier de la création de 30 emplois.
Le dispositif prévoit également, pour chaque commune, un camion frigorifique et six tricycles. Chaque boucherie moderne devrait, quant à elle, disposer de onze postes, mobilisant notamment des techniciens, des vétérinaires et des bouchers professionnels.
Ces moyens doivent contribuer à améliorer les conditions de transport, de conservation et de commercialisation de la viande, tout en renforçant l’encadrement technique et sanitaire de la filière.
Avec le lancement de cette première phase à Conakry, le ministère de l’Élevage entend amorcer une transformation progressive du secteur. Les prochaines étapes dépendront notamment de l’identification des sites dans les autres localités, de l’avancement des travaux et de la préparation des professionnels appelés à exploiter les nouvelles installations.
Pour les autorités, les communes et les représentants de la filière, l’objectif reste de disposer d’infrastructures fonctionnelles, capables de répondre aux exigences d’hygiène et de sécurité sanitaire, d’offrir de meilleures conditions de travail aux bouchers et de contribuer à la protection des consommateurs. La concrétisation de ces ambitions reposera désormais sur la qualité des réalisations, la formation des acteurs et la bonne gestion des équipements dans la durée.

