Après un ultime renvoi prononcé le 22 avril dernier, le procès impliquant Tady Kourouma et le Dr Ismaël Sylla s’est effectivement ouvert ce mercredi 17 juin 2026 devant le Tribunal de première instance de Dixinn.
Longtemps reportée en raison de l’absence de la prévenue, l’affaire a pu être examinée avec la comparution de Tady Kourouma.
Cette dernière est poursuivie pour injures et diffamation à la suite d’accusations publiques de viol portées contre le Dr Ismaël Sylla, médecin gynécologue. Celui-ci conteste formellement les faits.
Dès l’ouverture de l’audience, les avocats de la défense ont sollicité la tenue des débats à huis clos. Une requête rejetée par le tribunal.
Pour le juge Mohamed Sangaré, les faits présumés de diffamation et d’injures peuvent être examinés en audience publique. Il a ainsi rejeté la demande avant d’ordonner la poursuite des débats avec l’audition de la prévenue.
À la barre, Tady Kourouma a contesté les faits qui lui sont reprochés avant de revenir, à la demande du tribunal, sur les circonstances dans lesquelles elle affirme avoir connu le Dr Ismaël Sylla, qu’elle présente comme le médecin de sa famille. « J’ai connu Dr Ismaël par le canal de ma Maman. Lorsque je suis tombée enceinte, ma Maman l’a appelé pour lui dire que j’ai perdu mon enfant, mais j’ai l’écoulement de seins, il a proposé un produit que j’ai pris. Ma maman m’a demandé d’aller le voir à sa clinique, il m’a dit de faire un lavement, il m’a fait rentrer dans une salle, où il m’a donné une injonction qui m’a fait dormir toute la journée.»
Selon la prévenue, à son réveil vers 18 heures, elle n’aurait constaté aucune trace de sang mais plutôt la présence d’un liquide blanc sur son corps. Elle affirme avoir immédiatement interrogé le médecin. « Je lui ai demandé s’il a couché avec moi, il a dit oui, il ne pouvait pas me résister. Je suis repartie, j’ai expliqué à ma Maman, elle m’a dit de laisser tomber vu que je connais mon mari, si je lui explique, cela risque de conduire à notre divorce. »
Tady Kourouma a ensuite expliqué avoir développé des complications de santé qu’elle aurait signalées au médecin. Celui-ci lui aurait alors demandé de revenir à la clinique. « Cette fois-ci, j’ai eu peur de partir seule, je suis allé avec ma Maman. Lorsque je lui ai expliqué, il m’a proposé un avortement que j’ai refusé. »
Selon elle, c’est à partir de ce moment que le médecin aurait cessé de lui accorder toute attention. « Même quand je l’appelle pour venir faire un traitement, il me dit de passer à la clinique y a des gens là-bas. »
La prévenue a déclaré que cette situation aurait coïncidé avec le retour de son époux en Guinée, lequel aurait découvert son état de santé et perdu toute confiance en elle. « Ma Maman a voulu l’expliquer, il a dit qu’il n’écoute rien. J’avais perdu mon foyer, ma famille m’a abandonné, même mes enfants nés légalement, ont été abandonnés avec moi parce que mon mari doutait finalement de moi. »
Face à cette situation, Tady Kourouma affirme avoir décidé de rendre l’affaire publique malgré les mises en garde de sa mère. « Ma maman m’a dit que si tu t’exposes tu n’auras plus un autre mari, un autre homme va avoir peur de l’épouser. »
Elle explique ne pas avoir suivi ce conseil et avoir, dans un premier temps, mis le médecin en demeure. « Je lui ai dit que je te donne 3 jours, si tu ne viens pas, je sais ce que je vais faire. »
La prévenue a ensuite déclaré avoir déposé une plainte pour viol contre le médecin à l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM). Selon ses déclarations à la barre, le Dr Ismaël Sylla y aurait reconnu les faits et se serait montré favorable à un règlement à l’amiable.
« Après, Ismaël a pris un local pour moi à Sonfonia, ou il venait régulièrement voir son enfant. J’ai compris qu’il voulait faire de moi sa femme j’ai refusé vu que je ne suis pas sa femme qu’il legalement epiusé. Il a même proposé de passer la nuit avec moi là-bas, je n’ai pas accepté. »
Toujours selon la prévenue, c’est après ce refus que le médecin aurait cessé de lui apporter toute assistance. « Aujourd’hui je souffre mentalement depuis que ce problème m’est arrivé, je suis pris en charge à la psychiatrie de Donka vous pouvez aller vérifier », s’est-elle confiée devant le tribunal.
À l’issue de cette longue audition, le juge a suspendu les débats et renvoyé l’affaire au 8 juillet 2026 pour la poursuite de la procédure.
La prochaine audience sera notamment consacrée aux questions du tribunal, du ministère public et des avocats des differentes parties.

