M’Bany Sidibé : “On ne doit pas laisser n’importe qui vendre la chicha”

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La persistance de la consommation de chicha en Guinée relance le débat sur l’application effective de la réglementation en vigueur. Pour M’Bany Sidibé, président de l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée, l’interdiction constitue une mesure salutaire, mais doit être accompagnée d’un contrôle plus strict de l’importation et de la vente de ces produits.

Interrogé par Guinee360, le responsable de l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée a salué l’action des forces de sécurité dans la lutte contre la consommation de la chicha, tout en appelant les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle. « C’est une mesure que nous saluons. Moi, je veux beaucoup féliciter les forces de sécurité par rapport à ça. C’est une action qu’il fallait entreprendre », a-t-il déclaré.

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En Guinée, l’interdiction de l’importation, de la distribution et de la commercialisation de la chicha remonte au 4 janvier 2021, sous le régime d’Alpha Condé. Un arrêté conjoint des ministères du Commerce, du Budget et de la Sécurité et de la Protection civile avait alors prévu la fermeture des lieux de consommation et des espaces de vente sur l’ensemble du territoire national.

Malgré cette mesure, la chicha continue d’être consommée dans certains lieux de loisirs et dans des maisons privées. Une situation qui, selon M’Bany Sidibé, nécessite une réponse plus ferme des autorités.

Le président de l’Union pour la défense des consommateurs estime notamment que l’accès à ces produits doit être davantage encadré, particulièrement pour les mineurs. «Imaginez-vous aujourd’hui, ce sont des mineurs qui utilisent la chicha. Allez-y dans les restaurants, dans les centres de loisirs, vous allez voir des enfants qui n’ont même pas 11 ans, 12 ans, c’est eux qui se donnaient », a-t-il affirmé.

Il dénonce également les risques liés à l’utilisation de la chicha et à la présence éventuelle d’autres substances dans certains produits. « Ce qui est grave, il y avait d’autres dérivés. Ce n’est pas seulement les chichas. Aujourd’hui, c’est devenu un moyen pour certains de se droguer. Ce n’est pas normal », a-t-il ajouté.

Pour M’Bany Sidibé, l’interdiction ne devrait pas être le seul moyen d’action. Il préconise également un renforcement des contrôles douaniers et une augmentation des taxes sur les produits importés, afin de rendre leur accès plus difficile. « L’État doit augmenter les taxes de douanes. C’est-à-dire faire de telle sorte que le prix ne soit pas à la portée de tout le monde. Ça doit être un bien de consommation de luxe », a-t-il soutenu.

Selon lui, une telle mesure pourrait contribuer à réduire la consommation, notamment chez les jeunes qui disposent de moyens financiers limités.

M’Bany Sidibé appelle le ministère de l’Économie et des Finances, à travers les services des douanes, à jouer pleinement leur rôle dans le contrôle de l’importation et de la commercialisation de la chicha.

Tout en défendant une réglementation plus rigoureuse, M’Bany Sidibé estime qu’il faut tenir compte des préférences des consommateurs dans une économie libérale. Il insiste cependant sur la nécessité de protéger les mineurs et de limiter leur exposition à la fumée. « On ne peut pas interdire systématiquement la consommation, parce qu’il y a une question de préférence de certains consommateurs, mais on ne doit pas laisser à la portée de tout le monde », a-t-il expliqué.

M’Bany Sidibé plaide enfin pour une réglementation de la vente et des lieux de consommation, afin d’éviter que les produits soient accessibles sans contrôle. «On ne doit pas laisser partout n’importe qui vendre la chicha », a-t-il conclu.