L’épidémie d’Ebola continue de s’aggraver en République démocratique du Congo (RDC). Avec plus de 2 000 cas confirmés et 754 décès enregistrés, la flambée épidémique connaît une progression sans précédent. Face à cette accélération, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à un renforcement urgent de la riposte, mettant en garde contre l’extension rapide de la maladie et les difficultés croissantes du système de santé à contenir l’épidémie.
Dans une déclaration publiée ce mercredi 15 juillet 2026, Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé un cri d’alarme appelant à un renforcement immédiat des moyens déployés pour contenir l’épidémie.
Selon l’organisation humanitaire, « en l’espace de deux mois seulement, l’épidémie actuelle de maladie à virus Ebola, causée par le virus Bundibugyo, est devenue la troisième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée et celle qui connaît la progression la plus rapide ».
MSF souligne également qu’« en moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé, passant de 650 à près de 2 000 au 12 juillet, tandis que le nombre de décès a plus que quintuplé, passant de 130 à plus de 700 ».
L’organisation rappelle en outre que « l’épidémie a déjà dépassé la moitié du nombre de cas enregistrés lors de l’épidémie d’Ebola de 2018-2020 en RDC, qui a duré près de deux ans », témoignant de l’ampleur exceptionnelle de la crise sanitaire actuelle.
Au-delà de l’augmentation du nombre de cas, MSF s’alarme de l’extension rapide de la maladie à de nouvelles zones du pays.
« La situation est particulièrement alarmante, car l’épidémie continue de s’étendre géographiquement », prévient l’organisation.
Elle explique que « l’accès limité aux soins médicaux, un système de surveillance débordé et une pression croissante sur les centres de traitement font que des communautés entières situées en dehors des grandes zones urbaines restent privées d’un soutien adéquat », ce qui complique davantage les efforts de riposte.
Face à cette situation, Médecins Sans Frontières exhorte les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux à intensifier sans délai les interventions sur le terrain.
L’organisation « appelle donc les autorités sanitaires congolaises et les acteurs humanitaires à renforcer rapidement les moyens mobilisés dans tous les domaines de la lutte contre Ebola », notamment « la mobilisation communautaire, la surveillance, le dépistage et le diagnostic, la prise en charge des patients, l’accompagnement des survivants, ainsi que la gestion des dépouilles et des enterrements dans le respect de la sécurité et de la dignité, tout en veillant à ce que les autres besoins sanitaires urgents soient également pris en compte ».
*Cette alerte intervient alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé le lancement du premier essai clinique destiné à évaluer l’efficacité d’un traitement antiviral contre le virus Bundibugyo, un variant pour lequel il n’existe, à ce jour, ni vaccin homologué ni traitement spécifique reconnu.
Alors que l’épidémie continue de gagner du terrain, les acteurs de la santé craignent qu’en l’absence d’une réponse rapide et renforcée, le nombre de cas et de décès n’augmente davantage dans les semaines à venir.

