Le tribunal correctionnel de Dixinn a examiné, ce mercredi 13 mai 2026, une affaire portant sur la détention, la vente et l’exploitation présumées de substances assimilées à des stupéfiants. Trois prévenus, en détention depuis le 9 décembre 2025, comparaissaient pour « mise en vente, exploitation, offre, achat et livraison d’une drogue à haut risque », des faits prévus et punis par les articles 822 et 823 du Code pénal.
Les accusés sont Simon Ejike, de nationalité nigériane, commerçant domicilié à Taouyah, Djibril Conté, carreleur résidant à Fassia, ainsi que Mohamed Diaby, soudeur domicilié à Coyah.
Selon l’accusation, les trois hommes sont soupçonnés de détenir et de commercialiser plusieurs substances stupéfiantes, notamment du shit, du chanvre indien et d’autres produits consommés à l’aide de papier Rizla.
À la barre, Simon Ejike a contesté être en possession directe des substances incriminées, tout en reconnaissant avoir fourni une certaine quantité à Mohamed Diaby.
Présenté comme intermédiaire dans cette affaire, Mohamed Diaby a déclaré être consommateur de shit depuis plusieurs années.
« Je consomme du shit depuis 2014. Un jour, un ami nommé Issa m’a appelé pour dire qu’il en avait besoin. Je lui ai répondu que je ne savais pas où en trouver à ce moment-là. Puis je me suis rappelé que j’avais le numéro d’Ejike. Je l’ai appelé et il m’a aidé à en obtenir sans que je ne lui donne de l’argent. Ensuite, j’ai rappelé Issa pour lui dire que c’était disponible. Nous nous sommes donné rendez-vous », a-t-il expliqué, précisant que c’est ce même Issa qui serait revenu plus tard accompagné d’agents pour procéder à son arrestation.
Interrogé sur le mode de consommation de cette substance, Mohamed Diaby a répondu : « Ça se consomme avec de la cigarette. »
Djibril Conté, quant à lui, est poursuivi pour des faits liés à la vente de produits consommés dans son bar. Le prévenu a affirmé que cette activité était gérée par son épouse.
« C’est ma femme qui revend, mais cela se fait sans mon implication », a-t-il soutenu.
Questionné sur l’utilisation du papier Rizla pour la consommation de ces produits, Djibril Conté a répondu : « Oui, cela se consomme avec du Rizla, comme pour ceux qui fument du chanvre indien. »
Le président du tribunal lui a également demandé comment il qualifiait son établissement, présenté comme un lieu de consommation de stupéfiants.
« C’est un lieu où des stupéfiants sont consommés », a reconnu le prévenu.
Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que les faits étaient suffisamment établis, soulignant que les trois prévenus avaient reconnu, à des degrés divers, les actes qui leur sont reprochés.
Le procureur a expliqué que Mohamed Diaby aurait servi d’intermédiaire entre Simon Ejike et Djibril Conté, notamment grâce à sa maîtrise de l’anglais, facilitant ainsi les échanges entre les deux hommes.
Selon le parquet, cette collaboration aurait favorisé la mise en place d’un réseau de vente de substances stupéfiantes comprenant du shit, du chanvre indien et d’autres produits prohibés.
Le ministère public a également relevé des contradictions dans les déclarations des prévenus concernant leur lieu de rencontre, identifié comme étant le bar-café de Djibril Conté.
Pour le procureur, cet établissement « ne sert pas uniquement à la vente de stupéfiants, mais constitue un lieu de vente de plusieurs types de drogues ».
Estimant que les faits sont constitutifs d’infractions prévues par l’article 832 et suivants du Code pénal, le parquet a requis une peine d’un an d’emprisonnement, dont six mois assortis de sursis, ainsi qu’une amende de deux millions de francs guinéens contre chacun des prévenus.
Dans leurs derniers mots, les trois hommes ont demandé la clémence du tribunal, affirmant avoir tiré les leçons de cette procédure judiciaire.
À l’issue des débats, le tribunal a renvoyé l’affaire au 20 mai prochain pour le délibéré et le prononcé de la décision.

