Fraude au concours des magistrats : la défense de Sékou Keïta dénonce des « manquements » dans la procédure

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Les débats dans le procès impliquant Sékou Keïta, conseiller en communication au ministère de la Justice, et Maciré Camara, candidate au concours de recrutement des magistrats, ont pris fin ce mercredi 12 août 2026 devant le Tribunal de première instance de Dixinn.

Poursuivis pour des faits présumés de fraude et de complicité de fraude lors du concours, les deux prévenus encourent une peine de deux ans d’emprisonnement ferme et le paiement de 2 millions de francs guinéens d’amende chacun, conformément aux réquisitions du procureur Aboubacar Sidiki Camara.

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En attendant la décision du Tribunal, la défense a vivement contesté la procédure et relevé plusieurs manquements qu’elle estime de nature à fragiliser les poursuites.

À l’issue de l’audience, Me Amadou Oury Diallo, avocat chargé de la défense de Sékou Keïta et de Maciré Camara, a notamment mis en doute les éléments retenus contre ses clients.

Concernant Sékou Keïta, l’avocat estime que les poursuites ne reposent pas sur des éléments matériels suffisamment établis. « Celui-là qui estime l’avoir vu avec des sujets dans un sac plastique transparent ne le prouve pas contextuellement pour dire : voici les éléments factuels pour lesquels il est poursuivi. »

Pour Me Amadou Oury Diallo, le ministère public n’aurait pas suffisamment établi les faits reprochés au conseiller du ministère de la Justice. « Le ministère public n’a pas fait parce qu’il a eu des difficultés dans cette salle à justifier qu’effectivement, voici ce pourquoi on le poursuit. Il est juste là, à cette audience, sur la base des déclarations et des suppositions. »

L’avocat a également soulevé la question de la surveillance dont Sékou Keïta aurait fait l’objet pendant le concours. Me Amadou Oury Diallo s’interroge notamment sur les prérogatives du directeur du centre et des personnes chargées de surveiller Sékou Keïta. « Un directeur général est-il habilité à engager des actions tendant au suivi, au contrôle ou à la filature d’un citoyen ? Il faudrait que l’on se pose la question. »

Selon lui, les circonstances entourant cette surveillance soulèvent des interrogations sur le respect des règles de procédure. « Cela atteste la violation manifeste de la sécurité juridique et de la Constitution, à l’époque des différentes lois de ce pays », a-t-il soutenu.

L’avocat affirme également que le témoin avait reconnu que son directeur lui avait demandé de surveiller Sékou Keïta sans avoir reçu, selon lui, d’instruction formelle pour procéder ainsi.

S’agissant de Maciré Camara, Me Amadou Oury Diallo estime que sa situation mérite également d’être examinée avec attention, notamment au regard de son maintien dans le processus du concours.

Il rappelle que plusieurs candidats auraient été éliminés dans le cadre des procédures liées au concours et estime que les éléments recueillis à l’encontre de sa cliente doivent être appréciés avec prudence. « Pour le moment, si elle a fait les évaluations, je sais que les membres du jury ne tiendront pas pour éléments ce que vous direz dans la presse. »

L’avocat affirme par ailleurs rester convaincu que sa cliente n’a pas fraudé et qu’aucun incident de procédure n’aurait, selon lui, été établi à son encontre.

Interrogé sur la possibilité d’engager des poursuites ou d’autres actions contre les personnes ayant participé à la surveillance de son client, l’avocat est resté prudent. « Les actions, nous en envisagerons le moment venu après que nous ayons discuté avec notre client, nos deux clients bien entendu. »

Les débats étant désormais clos, le Tribunal de première instance de Dixinn doit se prononcer sur la responsabilité pénale de Sékou Keïta et de Maciré Camara.

La décision attendue ce jeudi même devra notamment déterminer si les éléments présentés au cours de l’audience suffisent à établir les faits de fraude et de complicité de fraude reprochés aux deux prévenus.