À Ratoma Dispensaire dans la commune de Ratoma à Conakry, précisément derrière l’hôpital Jean-Paul II, une importante montagne d’ordures inquiète les riverains. Présent sur les lieux depuis plus de 30 ans, ce dépotoir rappelle, par sa nature et son évolution, celui de Dar-Es-Salam. La principale différence réside dans la hauteur et l’étendue de la montagne d’immondices.
Sur place, l’atmosphère est particulièrement difficile à supporter. Une forte odeur se dégage des déchets en décomposition, rendant l’air presque irrespirable. De grosses mouches circulent autour des immondices et jusque dans les terrasses, tandis que les clôtures de certaines habitations sont progressivement envahies par les ordures.

Fatoumata Conté, une septuagénaire qui compte parmi les premières habitantes de la localité et y vit depuis plus de trente ans, revient sur l’origine de ce dépotoir et l’accumulation progressive des déchets. « Nous habitons ici depuis plus de 35 ans. Avant, il y avait un gros trou ici, où tout le monde venait chercher de l’eau. Quelques années plus tard, les gens ont commencé à déverser les ordures dedans jusqu’à ce que le trou soit fermé. Et progressivement, les ordures se sont vite accumulées. »
Cette accumulation progressive des ordures n’est pas sans conséquences sur le quotidien des riverains. Gaoussou Camara, dont la chambre se trouve au pied de la montagne d’ordures, vit à quelques centimètres seulement du dépotoir. Il décrit une situation particulièrement difficile. « Vous voyez cette maison, c’est ma chambre qui est juste à côté comme ça. Nous souffrons ici pendant la saison des pluies. Si nous partons tout de suite dans ma douche, vous allez y trouver des verres à l’intérieur du pot. Pendant la saison sèche aussi, les gens mettent du feu pour brûler des ordures. Une fois que les ordures commencent à brûler, l’air devient pollué et irresponsable. Cela peut durer plusieurs mois. On n’arrive même pas à manger ici, tellement qu’il y a des mouches. »
De son côté, Fatoumata Soumah exprime également son inquiétude face à la situation et appelle les autorités à intervenir rapidement. «Nous sommes vraiment inquiets face à l’accumulation des ordures. Nous avons tous vu ce qui s’est passé à Dar-Es-Salam, que Dieu nous épargne d’un tel scénario. Mais à cette allure, il faut qu’on attire l’attention des autorités compétentes pour nous aider à trouver une solution au plus vite. Nous demandons l’aide personnelle du président Mamadi Doumbouya pour enlever ces ordures ici. »
Sur le site, nous avons également tenté de joindre par téléphone l’un des responsables du quartier afin de recueillir sa réaction et de savoir quelles démarches avaient été entreprises auprès des autorités compétentes. Malheureusement, ce dernier nous a indiqué qu’il était en déplacement.
Face à l’ampleur des déchets et aux nuisances dénoncées par les riverains, la situation continue de susciter des inquiétudes dans cette partie de Ratoma, notamment en raison des risques liés à l’insalubrité et à la pollution de l’environnement.

