Inondations à Sonfonia : 15 concessions submergées, les habitants dénoncent l’absence de canaux

7 min de lecture

À Sonfonia, le réveil a été brutal ce dimanche 9 août 2026. Dans la nuit, les fortes pluies qui se sont abattues sur Conakry ont transformé plusieurs quartiers en zones inondées. Au quartier Barkayanka 1, secteur École Japonaise, l’eau s’est infiltrée dans les maisons, envahissant les chambres, les salons et les cours.

Au total, 15 concessions ont été touchées. Parmi elles, une structure sanitaire privée a également subi d’importants dégâts.

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Dans les concessions sinistrées, le constat est lourd. Matelas trempés, vêtements détrempés, appareils électroménagers endommagés, télévisions hors d’usage et stocks de nourriture dégradés : les eaux ont emporté une partie des biens des familles.

À quelques heures seulement du passage des eaux, les habitants tentent encore de mesurer l’ampleur des dégâts. Mais au-delà des pertes matérielles, une même question revient sur toutes les lèvres : comment en est-on arrivé là ?

Les sinistrés mettent notamment en cause l’absence de canaux d’évacuation des eaux et certaines constructions qui, selon eux, auraient obstrué les voies naturelles d’écoulement.

Faya Norbert Kamano fait partie des habitants qui ont vécu cette nuit d’angoisse. Vers 4 heures du matin, alors qu’il dormait encore profondément, ses enfants sont venus le réveiller.
« Je dormais profondément vers 4 heures du matin, quand les enfants qui étaient couchés au salon sont venus me réveiller en tapant la porte pour m’avertir que la maison est inondée. Quand je suis sortie, j’ai constaté que le salon, les chambres et toute la concession étaient inondés. Plusieurs concessions à côté ont été touchées avec des dégâts très importants. Chez moi par exemple, je n’ai pu mettre rien à l’abri. Le congélateur, les matelas, les habits, bref, tous nos biens sont gâtés», a-t-il expliqué.

Dans sa concession, il ne reste pratiquement aucun espace épargné par les eaux. Les biens qui n’ont pas pu être déplacés à temps ont été endommagés.

Pour Mamoudou Camara, cette situation n’est pas nouvelle. Installé dans le secteur depuis plus de deux décennies, il affirme que les inondations se répètent désormais chaque année.
« On n’a pas pu dormir toute la nuit. Ils ont construit des bâtiments jusqu’à bloquer le passage de l’eau. J’habite ici depuis plus de 20 ans. Mais c’est la troisième année consécutive que nous enregistrons ces types d’innovations ici. Franchement il faut que l’État pense à notre situation pour éviter le pire. »

Dans ce quartier, l’eau semble avoir trouvé son chemin à travers les habitations. Les habitants accusent notamment certaines constructions d’avoir réduit les possibilités d’évacuation.

Aboubacar Sow, lui, insiste sur un autre problème : l’absence de canaux et les travaux réalisés au niveau des rails.
« Tout le problème qui est là, c’est parce qu’il nya pas de canaux, ça c’est le premier facteur. Le second facteur de ces inondations est dû aux travaux qui ont été effectués au niveau des rails. Il ont ouvert un passage de l’eau sous les rails sans caniveaux. Dès qu’il pleut, toute la quantité d’eau qui quitte vers la T8 se dirige directement dans notre secteur. Nous demandons l’aide urgente de l’État pour éviter le pire. Aujourd’hui, on est sans abris. Tout le stock du riz y compris d’autres denrées ont été engagés. A ceux-là s’ajoutent les matelas, les appareils électroménagers et plusieurs autres biens.»

L’inondation n’a pas épargné la seule structure sanitaire privée de la localité. À l’intérieur, les eaux ont atteint plusieurs espaces de la structure, de la pharmacie aux salles d’urgence, de soins, de consultation et d’accouchement.
Les dégâts sont tels que certains patients venus ce dimanche matin pour recevoir des soins ont dû repartir.

Le docteur Mamadi Konaté, responsable de la structure sanitaire Hadja Halimatou, décrit une situation particulièrement difficile.
« Il y a des malades qui sont là présentement pour des soins , mais franchement c’est compliqué, car le bilan est vraiment général. A la pharmacie , tous les produits ont été impactés, le laboratoire, les lits dans les salles d’accouchement sont également touchés. Bref toutes les structures ont été impactées.»

Dans les différents espaces de la structure, le personnel doit désormais faire face aux conséquences de l’inondation, alors même que des patients continuent d’avoir besoin de soins.

Sur le terrain, le constat est également fait par les responsables locaux. Adama Keïta, chef de secteur, dit avoir déjà alerté les autorités sur la situation.

Face à la répétition des inondations, il redoute désormais des conséquences encore plus graves si de nouvelles pluies importantes surviennent.
« Aujourd’hui, c’est vraiment un sentiment de regret. Je suis totalement dépassé par ces inondations. L’origine de ces inondations est dûe à la canalisation, suite au travaux qui ont été réalisés au niveau des rails. Lorsqu’il pleut, les eaux de ruissellements quittent vers la T8 pour venir se déverser dans notre secteur. A cela s’ajoutent également les constructions anarchiques. J’ai remonté des informations aux autorités supérieures, mais jusqu’à présent rien n’est fait. Et si rien n’est fait, on risque d’assister au pire puisque ça doit encore pleuvoir beaucoup. »

À Barkayanka 1, les habitants tentent désormais de sauver ce qui peut encore l’être et de nettoyer leurs maisons. Mais derrière les dégâts de cette nuit, une inquiétude demeure : celle de voir le scénario se répéter à la prochaine forte pluie.

Dans ce secteur de Sonfonia, les eaux ont laissé derrière elles des maisons sinistrées, des biens détruits et une nouvelle demande adressée aux autorités : aménager des voies d’évacuation capables de canaliser les eaux et mettre fin, selon les habitants, à ces inondations devenues récurrentes.