“10,5 millions de salaire et jusqu’à 50 millions de primes» : les révélations d’Albert Damantang à la Crief

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L’ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Albert Damantang Camara, a comparu devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). À la barre, il a été longuement interrogé sur l’origine de ses revenus, son patrimoine et la gestion de certains contrats publics.

Répondant aux questions du juge, l’ex-ministre a présenté les différentes sources de ses revenus durant ses fonctions gouvernementales : « Mon salaire en tant que ministre de l’Enseignement technique s’élevait à 10 millions 500 mille francs guinéens. Je percevais également des primes de fête allant de 40 à 50 millions. En tant que porte-parole du gouvernement, je recevais entre 20 et 30 millions de primes mensuelles », a-t-il déclaré.

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Concernant ses biens immobiliers, il a affirmé détenir « des parcelles à Maférinyah acquises en 2017 pour 55 millions, ainsi qu’à Kissidougou », évoquant aussi une « masse successorale comprenant des terrains à Coleyah ».

Comptes bancaires et avoirs à l’étranger

Interrogé sur ses comptes bancaires, Albert Damantang Camara a indiqué disposer de :

80 millions de francs guinéens à la Société Générale ;

25 millions de francs guinéens à UBA ;

un compte courant à La Banque Postale en France, ouvert en 1991, avec un solde de 1 000 euros ;

un compte épargne crédité de 250 euros ;

un compte d’assurance retraite alimenté à hauteur de 15 000 euros en 2012.

Les projets d’écoles régionales et les contrats sécuritaires

Revenant sur ses sept années au ministère de l’Enseignement technique, il a évoqué la construction de quatre Écoles régionales des arts et métiers (ERAM) à Siguiri, Labé, N’Zérékoré et Boké, financées par des fonds saoudiens. « Chaque école a coûté environ 6 millions de dollars, sauf celle de N’Zérékoré qui est revenue à 8 millions », a-t-il précisé.

Au ministère de la Sécurité, il a indiqué avoir signé en 2020 un contrat pour l’achat d’uniformes destinés à 15 000 policiers, pour un montant estimé entre 4 et 5 milliards de francs guinéens, avec la société Guicopres. Il a aussi mentionné un contrat d’extension évalué à environ 90 milliards de francs guinéens, précisant que celui-ci « n’avait pas encore été exécuté » lors de son départ.

Face au montant de 222 milliards de francs guinéens évoqué par la Cour, l’ancien ministre a contesté les conclusions du rapport : « Ce chiffre n’est pas clair. Je n’ai jamais été entendu par l’Inspection générale d’État (IGE) dans le cadre de ce rapport ».

Lorsque le juge ont indiqué que des inspecteurs avaient contacté des responsables du pool financier de son département, il a réagi : « Je suis surpris. »

Il a par ailleurs nié toute activité commerciale ou possession de biens à l’étranger : « Je n’ai aucune activité commerciale. Tout ce que je possède est en Guinée ».

Concernant la gestion des subventions du ministère de l’Enseignement technique, il a répondu : « Je ne m’en souviens pas », ajoutant que « les fonds saoudiens étaient gérés en fonction des besoins».

Interrogé sur son patrimoine immobilier personnel, il a affirmé : « J’habite dans une maison héritée de mon grand-père ».

Albert Damantang Camara est poursuivi pour détournement de deniers publics, corruption, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite.