Cinq ans après la chute du régime d’Alpha Condé, le président Mamadi Doumbouya a rendu hommage aux victimes des événements du 5 septembre 2021, appelant les Guinéens au recueillement et à la mémoire.
Le 5 septembre 2021 reste une date majeure dans l’histoire politique récente de la Guinée. Ce jour-là, le régime d’Alpha Condé était renversé par un coup d’État militaire conduit par le Groupement des forces spéciales (GFS), alors dirigé par le lieutenant-colonel Mamadi Doumbouya.
Cinq ans jour pour jour après ces événements, le chef de l’État est revenu sur cette journée dans un message publié sur sa page Facebook. L’ancien commandant du Groupement des forces spéciales a d’abord choisi de rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie lors du coup d’État et dans les événements qui ont suivi.
« À l’aube du 5 septembre, des femmes et des hommes de nos Forces de défense et de sécurité ont fait le choix du risque absolu. Ils n’ont rien demandé pour eux-mêmes. Ils ont simplement refusé que la République de Guinée continue de s’abîmer », a-t-il déclaré.
Pour Mamadi Doumbouya, la commémoration du 5 septembre doit avant tout être placée sous le signe du souvenir et du recueillement.
« Ma première pensée n’est pas pour ce que nous avons bâti depuis. Elle est pour ceux qui ne sont plus parmi nous », a-t-il affirmé.
Le président guinéen a eu une pensée particulière pour les militaires tombés lors des événements du 5 septembre et dans les années qui ont suivi, ainsi que pour leurs familles.
« Pour leurs mères, leurs pères, leurs épouses, leurs enfants, qui portent une absence que rien ne comblera », a-t-il ajouté, avant d’inviter chaque Guinéenne et chaque Guinéen à observer un moment de silence en leur mémoire.
« J’élève vers le Tout-Puissant une prière pour le repos de leurs âmes, et je demande à chaque Guinéenne et à chaque Guinéen, où qu’il se trouve, de leur accorder aujourd’hui un moment de silence et de recueillement », a-t-il poursuivi.
Dans son message, Mamadi Doumbouya a également insisté sur la portée symbolique de cette date.
« Le 5 septembre n’est pas un jour de triomphe. C’est un jour de deuil, de gravité et de mémoire », a-t-il souligné.
Selon le chef de l’État, les événements de 2021 ont également fait naître une responsabilité collective pour le peuple guinéen. Il affirme que son régime a notamment œuvré à réduire les tensions communautaires et l’ethnocentrisme.
« De ce sacrifice, un peuple entier a hérité d’une responsabilité. Et cette responsabilité, nous l’avons honorée là où l’on ne nous attendait pas : nous avons fait reculer l’ethnocentrisme. Ce poison qui, pendant des décennies, a dressé le Guinéen contre le Guinéen, n’a plus droit de cité dans notre République », a-t-il déclaré.
Évoquant les perspectives du pays, Mamadi Doumbouya a assuré que son engagement en faveur des réformes et des projets structurants demeurait intact.
« Je mesure chaque jour le poids de la charge qui m’a été confiée. Je ne la porte pas seul, et je n’ai jamais prétendu la porter seul. Ma détermination à servir la patrie demeure intacte, et elle ne faiblira pas », a-t-il affirmé.
Le président a également réitéré sa volonté de mettre en œuvre la vision Simandou 2040, présentée comme l’un des principaux axes de développement de la Guinée.
« La vision Simandou 2040 sera exécutée avec la rigueur, la méthode et la constance qu’elle exige. Non pour la gloire d’un homme ni d’une génération, mais pour que nos enfants héritent enfin d’une Guinée prospère, digne et souveraine », a-t-il promis.
Il a enfin assuré que les réformes engagées et les projets structurants seraient poursuivis jusqu’à leur terme, avant de saluer les Forces de défense et de sécurité, leurs familles ainsi que le peuple guinéen.
« À nos Forces de défense et de sécurité, à leurs familles, à ce peuple patient et debout : la Nation vous doit sa reconnaissance. »
Le chef de l’État a conclu son message par une bénédiction en faveur de la République de Guinée : « Que Dieu bénisse la République de Guinée. »

