Écartés de la rencontre ministre-syndicats, le SNE et la FSPE promettent de « se faire entendre »

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Écartés de la première rencontre entre la ministre de l’Éducation nationale, Bintou Keïta, et les organisations syndicales, le Syndicat national de l’éducation (SNE) et la Fédération syndicale des professionnels de l’éducation (FSPE) dénoncent leur non-association aux échanges. Les deux structures, qui affirment n’avoir reçu « ni appel, ni courrier », préviennent qu’elles prendront toutes les dispositions nécessaires pour faire entendre leur voix, tout en réaffirmant leur attachement au dialogue social.

Au lendemain de cette rencontre, la Fédération syndicale des professionnels de l’éducation (FSPE) a exprimé son regret de ne pas avoir été associée aux discussions. Son secrétaire général par intérim, Alpha Gassim Barry, estime que cette absence soulève des interrogations sur le caractère inclusif du dialogue social engagé par le département.

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Tout en saluant la nomination de la nouvelle ministre, le responsable syndical y voit une avancée en matière de représentation des femmes à la tête du département. « Nous félicitons une fois encore la nomination de Mme Bintou Keïta au département de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Il y a très longtemps qu’une femme n’avait pas piloté ce département. Si aujourd’hui une femme est nommée, cela signifie que nous tendons vers le respect du genre dans notre pays. C’est une avancée significative », a-t-il affirmé.

Mais cette satisfaction laisse rapidement place à l’incompréhension. Alpha Gassim Barry affirme que la FSPE n’a reçu aucune invitation pour prendre part à cette première rencontre avec la ministre.
« Nous regrettons de n’avoir pas participé à cette rencontre, quelque chose que nous ne comprenons pas. Les années précédentes, nous avons assisté à toutes les rencontres. Nous n’avons reçu ni appel, ni courrier. Pourtant, nous sommes signataires du protocole d’accord du 3 janvier, nous sommes représentés sur toute l’étendue du territoire national et nous menons des actions concrètes pour les enseignants guinéens », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette situation pourrait fragiliser le dialogue entre le ministère et les partenaires sociaux.
« Le SNE et la FSPE s’inscrivent dans la logique du dialogue. Mais si le ministère cherche à nous mettre de côté et à dialoguer avec une partie du syndicat, c’est une chose que nous n’accepterons pas. Nous sommes les partenaires sociaux et les vrais acteurs du système éducatif. Nous allons prendre toutes nos dispositions et, le moment venu, nous nous ferons entendre », prévient le syndicaliste.

À la suite de cette rencontre, la FSPE et le Syndicat national de l’éducation (SNE) ont convoqué une réunion afin d’analyser la situation. Pour le secrétaire général par intérim de la FSPE, cette initiative est directement liée à leur absence lors des échanges avec la ministre.
« Cette réunion tourne effectivement autour de cette problématique. Nous voulons analyser cette façon de faire, parce que demain on ne doit pas dire que nous sommes opposés au dialogue. Depuis toujours, nous privilégions la concertation, mais nous refusons d’être mis à l’écart », a-t-il expliqué.

Malgré son mécontentement, Alpha Gassim Barry évite toutefois de mettre directement en cause la nouvelle ministre. Il estime que celle-ci pourrait ne pas être suffisamment informée de la situation et annonce qu’un courrier lui sera adressé afin de lui exposer la position de la fédération.
« Nous supposons qu’elle vient d’arriver. Est-ce qu’elle a toutes les informations ?. Nous allons lui adresser un courrier dûment signé pour l’informer de la situation qui prévaut et lui expliquer les tenants et les aboutissants du milieu syndical. Nous souhaitons qu’elle soit sur la même longueur d’onde que nous », a-t-il indiqué.

Si la FSPE est reçue par la ministre, Alpha Gassim Barry assure que plusieurs dossiers prioritaires seront soumis à son appréciation, à commencer par la situation des enseignants contractuels et le statut particulier des enseignants.
« La situation des enseignants contractuels est devenue une véritable patate chaude. Ces enseignants ont trop souffert. Beaucoup exercent depuis plusieurs années sans être engagés et vivent dans une situation très précaire. Nous demandons à Mme la ministre de nous épauler afin qu’une solution soit trouvée. Il y a également le statut particulier des enseignants. Nous souhaitons que ce texte puisse être signé avant l’ouverture des classes pour éviter d’éventuelles crises dans le secteur de l’éducation. »

Au-delà de ces revendications, le responsable de la FSPE appelle la nouvelle ministre à engager des réformes structurelles afin d’améliorer durablement le système éducatif guinéen.
« L’éducation guinéenne traverse une période extrêmement difficile. Il faut s’atteler à la formation des enseignants et engager une réforme profonde du système éducatif. En tant que partenaires sociaux, nous sommes prêts à apporter notre contribution pour améliorer l’école guinéenne », a-t-il conclu.