L’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) et la Fédération syndicale autonome des banques, assurances et microfinances de Guinée (FESABAG) maintiennent la pression après la sanction infligée aux délégués syndicaux de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG).
Réunies en urgence ce jeudi 3 septembre 2026 à Conakry, les deux organisations syndicales ont décidé de mettre en place une commission spéciale chargée d’engager des démarches auprès des autorités compétentes, avec pour objectif d’obtenir l’annulation de la décision prise par le gouverneur de la BCRG, Karamo Kaba.
Cette décision intervient après une première procédure judiciaire concernant les syndicalistes. Après leur libération par le tribunal de première instance de Kaloum, à l’issue de la procédure engagée contre eux, le Tribunal du travail a été saisi du dossier portant notamment sur des faits présumés de dégradation de portes et une altercation qui leur sont reprochés.
Dans le cadre de cette procédure, le Tribunal du travail avait prononcé une suspension conservatoire d’un mois. De son côté, le gouverneur de la BCRG a notifié aux délégués syndicaux une mise à pied de deux mois.
Pour les organisations syndicales, cette mise à pied de deux mois ne serait pas conforme aux dispositions du Code du travail guinéen. Aboubacar Soumah, secrétaire général du SLECG et membre du bureau de l’USTG, dénonce une sanction qu’il juge disproportionnée. « Une mise à pied de deux mois est une violation flagrante du Code du travail », affirme-t-il.
Le responsable syndical va plus loin dans son appréciation de la mesure prise par la direction de la BCRG. « C’est un licenciement déguisé », dénonce Aboubacar Soumah.
Les organisations syndicales entendent désormais utiliser les voies de recours pour contester la décision. Une commission spéciale a été mise en place à cet effet afin de saisir les autorités compétentes.
Ce nouveau bras de fer intervient alors que l’USTG et la FESABAG n’excluent pas le recours à la grève dans le secteur bancaire.
Lors de cette réunion d’urgence, les syndicalistes ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les démarches engagées, notamment auprès du Conseil national du dialogue social (CNDS) et des autorités gouvernementales.
La suite de cette affaire dépendra désormais de la réponse que les autorités compétentes donneront aux recours annoncés par les organisations syndicales.
En attendant, la menace d’un mouvement de grève dans le secteur bancaire reste posée.

