« Je veux être comme Charles Wright » : le rêve d’Ibrahim Camara, candidat malvoyant au BAC 2026

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Le baccalauréat unique, session 2026, a officiellement pris fin ce vendredi 3 juillet sur l’ensemble du territoire national. Cette dernière journée était consacrée aux épreuves de spécialité, selon les différentes filières. À la sortie des salles d’examen, aux environs de 13 heures, nous sommes allés recueillir les impressions de plusieurs candidats sur le déroulement des épreuves.

Au centre d’examen EP Kipé 2, Ibrahim Camara, candidat malvoyant en sciences sociales, s’est montré confiant quant à sa prestation et nourri de grandes ambitions. « Les épreuves se sont bien passées, car, on s’est débrouillé à faire le mieux. Et j’espère que cette année, nous allons faire la fierté des non voyants », a-t-il déclaré avec optimisme.

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Au-delà de la réussite au baccalauréat, le jeune candidat affiche un objectif bien précis : poursuivre des études de droit afin de devenir procureur général, à l’image d’Alphonse Charles Wright, qu’il considère comme son « idole ». « Une fois que je décroche, je veux faire le droit pour devenir procureur général. Par exemple, actuellement je me réfère au procureur spécial près la CRIEF Alphonse Charles Wright, c’est mon idole actuellement en Guinée », a-t-il poursuivi.

Ibrahim Camara espère également voir les candidats malvoyants figurer parmi les meilleurs de cette session du baccalauréat. « J’espère être parmi les lauréats. Cette ambition, je l’ai depuis fort longtemps. Nos encadreurs de Sogué nous ont dit que ça fait très longtemps que les non voyants n’y figurent pas parmi les lauréats. Que de tout faire de redoubler les efforts qu’un ou deux non voyants soient parmi les lauréats cette année. »

Malgré sa détermination, le candidat reconnaît avoir dû faire face à d’importantes difficultés tout au long des examens, notamment en raison des contraintes liées à son handicap. « Durant ces quatre jours, j’ai rencontré des difficultés. En venant au centre, j’ai mon braille en cours de route, puisqu’il est très dur pour moi d’écrire avec un stylo. C’est quand mes amis terminent d’écrire que je prends pour eux afin de pouvoir traiter mes questionnaires. »

Profitant de cette tribune, Ibrahim Camara a lancé un appel aux autorités guinéennes afin qu’elles améliorent les conditions de scolarisation des personnes non-voyantes. « À l’endroit des autorités, je dirais au président de la République, y compris le ministre de l’éducation, sans oublier le ministre de la famille, d’essayer de voir la situation des non voyants qui sont à l’école. Il n’y a pas plus de rejet en Guinée dans les écoles comme nous. C’est en Guinée qu’on voit un aveugle aller à l’école et on le rejette.

Comment peut-on sensibiliser les autres qui sont à la maison à venir à l’école, alors que les conditions de ceux qui sont à l’école ne sont pas remplies ? Si nos conditions sont remplies, les autres auront le courage de venir à l’école. Mais tant que cela n’est pas fait, ça sera un peu compliqué. »

À travers son parcours, Ibrahim Camara incarne la détermination de nombreux candidats en situation de handicap qui aspirent à réussir leurs études malgré les obstacles. Son témoignage met également en lumière les défis auxquels les élèves non-voyants restent confrontés dans le système éducatif guinéen.