Après un peu plus de deux ans de détention à la maison centrale, Mamadou Aliou Bah sera fixé sur son sort le 9 juillet prochain. Poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort de Mohamed Sylla, sans intention de la donner, il est jugé sur le fondement de l’article 243 du Code pénal. Les faits remontent au 19 avril 2024, au quartier Koloma. Initialement arrivé au stade des réquisitions et des plaidoiries, le procès a dû être repris en raison d’un changement intervenu dans la composition du tribunal.
Malgré le désistement de la partie civile, le Tribunal de première instance de Dixinn a décidé, lors de l’audience de ce jeudi, de reprendre les débats avant de déclarer l’instruction close et d’ouvrir à nouveau la phase des réquisitions et des plaidoiries.
À l’ouverture de l’audience, le président du tribunal a indiqué qu’une lettre de désistement de la partie civile avait été versée au dossier.
Le ministère public requiert trois ans d’emprisonnement
Dans ses réquisitions, le ministère public a rappelé que le prévenu avait reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure, y compris à la barre. Le procureur a ensuite souligné que les faits de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sont passibles d’une peine de cinq à vingt ans de réclusion criminelle, conformément à l’article 243 du Code pénal. Abordant la responsabilité pénale du prévenu, il a estimé que celui-ci n’avait agi ni sous la contrainte ni avec la volonté de donner la mort.
Le représentant du ministère public a toutefois invité le tribunal à tenir compte de plusieurs éléments favorables à l’accusé. Il a notamment relevé qu’il s’agissait d’un délinquant primaire, dont l’attitude à la barre traduisait, selon lui, un certain repentir, plaidant ainsi en faveur de larges circonstances atténuantes.
Le procureur a également évoqué le contexte dans lequel le drame est survenu. « Nous sommes africains, ou dans nos traditions, nos mamans sont très chères pour nous. Il faut avoir un sang froid pour se retenir face à des injures contre elles en utilisant des propos très déplacés à l’encontre de celle-ci », a-t-il reconnu.Au regard de ces éléments, le procureur Fanka Oularé a demandé au tribunal de déclarer Mamadou Aliou Bah coupable des faits qui lui sont reprochés. Pour la répression, il a requis une peine de trois ans d’emprisonnement.
La défense sollicite la remise en liberté
De son côté, la défense a insisté sur le comportement jugé coopératif de son client tout au long de la procédure. Son avocat a soutenu que Mamadou Aliou Bah, animé par le regret, s’était volontairement présenté à la gendarmerie et avait contribué à la manifestation de la vérité au cours des audiences.
Le conseil a demandé l’application des articles 116 et 27 du Code pénal. Il a également attiré l’attention du tribunal sur le désistement de la partie civile et sollicité, en conséquence, la remise en liberté de son client sur le fondement des dispositions invoquées.
Invité à prendre la parole en dernier, conformément à la procédure, Mamadou Aliou Bah a exprimé ses regrets et demandé pardon pour son acte. À l’issue des débats, le président du tribunal, Mohamed Sangaré, a mis l’affaire en délibéré. Le jugement sera rendu le 9 juillet prochain.

