Patrimoine culturel guinéen : Moussa Moïse Sylla plaide pour le retour des objets historiques conservés en France

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Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a exprimé jeudi son souhait de voir revenir en Guinée plusieurs biens culturels et historiques actuellement conservés en France, notamment des objets ayant appartenu à l’Almamy Samory Touré. S’exprimant lors du lancement officiel du Programme national de recensement, de documentation et de numérisation du patrimoine culturel de Guinée, le ministre a évoqué une récente mission effectuée sur le territoire français, au cours de laquelle une délégation guinéenne a visité le Musée de l’Armée aux Invalides.

Selon lui, cette visite a permis de découvrir plusieurs pièces majeures du patrimoine historique guinéen, parmi lesquelles le Coran personnel de l’Almamy Samory Touré, son armure, son chasse-mouche ainsi que d’autres artefacts liés au fondateur de l’empire du Wassoulou. « Nous avons pu presque toucher du doigt le Coran personnel de l’Almamy Samory Touré. Nous avons également vu son armure, son chasse-mouche et bien d’autres artefacts », a déclaré Moussa Moïse Sylla.

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Le ministre a toutefois insisté sur la nécessité d’aborder la question de la restitution de ces biens dans un esprit de coopération et de respect mutuel entre la Guinée et la France. « Ces biens, nous voulons qu’ils retournent. Mais nous voulons le faire dans une diplomatie culturelle, dans un respect mutuel, parce que pour nous ce n’est pas une rupture. C’est plutôt quelque chose qui galvanisera davantage la relation entre notre pays et la République française », a-t-il affirmé.

Pour le ministre, la restitution du patrimoine culturel ne doit pas être perçue comme un sujet de confrontation, mais comme une opportunité de renforcer les liens entre les deux pays à travers une coopération culturelle fondée sur le dialogue. Moussa Moïse Sylla a également souligné que de nombreuses œuvres et objets liés à l’histoire de la Guinée demeurent aujourd’hui dans plusieurs musées à travers le monde.

D’où, selon lui, l’importance du programme national de recensement et de documentation du patrimoine culturel, qui doit permettre d’identifier ces biens, de retracer leur histoire et de mieux comprendre leur ancrage au sein des communautés guinéennes. « Bien d’autres œuvres appartenant à notre pays sommeillent dans plusieurs musées. Comment les connaître ? Comment savoir ce qu’ils racontent ? Comment connaître leur ancrage au niveau des communautés de notre pays ? Il faut des études, il faut des recherches pour cela », a-t-il expliqué.

Le Programme national de recensement, de documentation et de numérisation du patrimoine culturel vise notamment à inventorier les richesses culturelles matérielles et immatérielles du pays, à renforcer leur préservation et à soutenir les démarches d’inscription ou de restitution des biens culturels guinéens.