Ce mercredi 4 novembre, la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu son verdict dans le dossier opposant les huissiers de justice Me Sory Daouda Camara et Me Mandiou Sangaré, ainsi que Me Halimé Saad Chaloub, à la banque Ecobank Guinée.
À l’issue de son délibéré, la cour a déclaré prescrits les faits de faux en écriture, écartant ainsi ce chef de poursuite. En revanche, elle a retenu l’usurpation de fonction contre Me Mandiou Sangaré et reconnu Me Sory Daouda Camara coupable de complicité dans la commission de cette infraction. Les deux huissiers ont écopé de deux ans d’emprisonnement avec sursis.
Le sort de Me Halimé Saad Chaloub a été différent. Reconnu coupable d’escroquerie au jugement, il a été condamné à trois ans d’emprisonnement. La cour a également décerné un mandat d’arrêt contre lui à l’audience.
Sur le plan financier, les trois prévenus ont chacun été condamnés à une amende de 30 millions de francs guinéens. La banque Ecobank Guinée, qui s’était constituée partie civile, a également obtenu gain de cause sur le principe de sa demande d’indemnisation. La cour a condamné solidairement les trois mis en cause à lui verser 1,5 milliard de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.
Pour rappel, le parquet spécial près la CRIEF avait requis sept ans de prison ferme contre Me Sory Daouda Camara et Me Mandiou Sangaré. Les deux huissiers étaient poursuivis dans cette affaire qui oppose Ecobank Guinée à plusieurs professionnels du droit.
De son côté, la banque réclamait 5 millions de dollars et 20 milliards de francs guinéens en réparation du préjudice qu’elle estime avoir subi.
Ce verdict marque une nouvelle étape dans ce dossier judiciaire, qui aura été marqué par la sévérité des réquisitions du ministère public et l’importance des sommes réclamées par la partie civile.

