Nouveau rebondissement dans l’affaire opposant des huissiers de justice à Ecobank devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). À l’audience de ce lundi 19 octobre 2026, le ministère public a demandé le regroupement de deux procédures jusque-là distinctes. Une requête soutenue par la partie civile et finalement acceptée par la cour.
Au cœur de ce dossier figure notamment Me Halimé Saad Chaloub, poursuivie aux côtés d’autres huissiers de justice pour des faits présumés d’escroquerie au jugement, de faux et usage de faux en écritures publiques et authentiques, d’usurpation de titre ou de fonction et de complicité.
Jusqu’ici, les poursuites avaient été réparties entre plusieurs procédures. Une situation que le parquet juge peu propice à un examen cohérent des faits, qu’il estime étroitement liés.
Autre élément relevé à l’audience : Me Halimé Saad Chaloub n’a jamais comparu devant la CRIEF, contrairement à certains de ses confrères. Elle serait actuellement hors du pays.
Le parquet veut réunir les deux procédures
Pour justifier sa demande, le représentant du ministère public a notamment évoqué les pièces à conviction versées au dossier et les difficultés que pose, selon lui, la séparation des poursuites. À ses yeux, il est difficile d’examiner les faits reprochés aux uns sans tenir compte de ceux imputés aux autres.
Le parquet s’est appuyé sur l’article 497 du Code de procédure pénale, qui permet au tribunal d’ordonner la jonction de plusieurs procédures portant sur les mêmes faits, soit de sa propre initiative, soit à la demande du ministère public ou de l’une des parties.
« La connexité des faits ne fait aucun doute», a soutenu le substitut du procureur spécial, pour qui l’examen séparé des dossiers risque de compliquer la compréhension de l’affaire dans son ensemble.
Le ministère public estime que leur regroupement faciliterait les débats et la présentation de ses réquisitions, tout en permettant à la cour de se prononcer sur les faits de manière plus cohérente.
La partie civile s’est également prononcée en faveur de la jonction. Pour son représentant Me Antoine Pépé Lamah, les poursuites reposent sur des faits similaires et mettent en jeu des documents dont l’examen ne peut, selon lui, se faire indépendamment les uns des autres.
Il a ainsi plaidé pour que les deux affaires soient examinées ensemble, estimant qu’une telle démarche permettrait au tribunal de mieux cerner les responsabilités éventuelles de chaque prévenu.
La partie civile a également mis en avant l’économie de procédure et la nécessité d’aboutir à une décision qui tienne compte de l’ensemble des éléments du dossier.
Les arguments du ministère public et de la partie civile ont finalement convaincu la cour. La juridiction a ordonné la jonction des deux procédures, jusque-là examinées séparément.
Cette décision ouvre la voie à un examen commun des faits reprochés aux différents.

