Rentrée scolaire : « S’ils veulent la paix dans les concessions scolaires », les contractuels mettent le gouvernement en garde

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Manifestations des enseignants contractuels [archive]

Alors que le gouvernement guinéen annonce le recrutement de plus de 8 000 enseignants, la colère monte au sein du collectif des enseignants contractuels communaux non retenus à la fonction publique. Le collectif réclame leur engagement immédiat et rejette catégoriquement l’idée de participer à un nouveau concours.

Pour Djaka Sow, porte-parole du collectif, la priorité doit être accordée aux 4500 enseignants contractuels non retenus, qui, selon lui, ont déjà fait leurs preuves sur le terrain. « Nous apprécions l’idée selon laquelle le gouvernement aspire à recruter plus de 8 000 enseignants, d’autant plus qu’il y a un besoin de plus de 18 000 enseignants pour combler le déficit. Mais la priorité des priorités doit être les enseignants contractuels communaux non retenus. »

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Selon le porte-parole, ces enseignants sont des pères et mères de famille qui ont consacré plusieurs années au service de l’éducation nationale. « Ce sont des pères et mères de famille qui ont souffert, qui ont tout donné et qui se sont sacrifiés pour l’école de la nation. Au-delà du mérite, nous sommes des patriotes. »

Le collectif refuse notamment de participer à un nouveau processus de sélection. Djaka Sow rappelle que les enseignants concernés ont déjà été évalués dans le cadre de leur expérience professionnelle et de la pratique de classe. « Nous avons déjà fait un concours en pratique de classe. Nos notes existent à travers les DPE. Donc, il n’est pas question de refaire un autre concours. »

Pour lui, l’administration dispose déjà des listes et des dossiers nécessaires à leur engagement. Il estime que la non-intégration de ces enseignants serait essentiellement liée aux contraintes budgétaires. « Pourquoi n’avons-nous pas été engagés ? C’est à cause des contraintes budgétaires. Si ce n’est pas de la mauvaise foi, les listes existent, les dossiers existent. Il suffit simplement de prendre ces personnes-là et de signer l’arrêté avant l’ouverture des classes. »

Le porte-parole du collectif s’appuie également sur le point 7 du protocole d’accord signé le 3 janvier entre le gouvernement et l’intersyndicale, sous la médiation du CNTG.

Il réclame le strict respect de cet engagement, qui prévoit, selon lui, l’examen de la liste des enseignants contractuels communaux non retenus par une commission avant leur engagement. « Nous demandons le respect strict du point 7 du protocole d’accord du 3 janvier. Nous allons être automatiquement engagés après la remontée et l’examen de notre liste au niveau de la commission, de la Fonction publique et du département concerné. »

Dans ces conditions, Djaka Sow estime qu’un éventuel concours ne pourrait être envisagé qu’après le règlement de la situation des enseignants contractuels non retenus. « Si on doit parler de concours, c’est après le recrutement des 4500. Sinon, il n’en est pas question. »

À quelques semaines de la rentrée scolaire, le collectif met en garde contre les conséquences d’un éventuel non-respect de ses revendications. « À défaut de cela, l’ouverture des classes risque de se faire sous haute tension, dans la mesure où on veut créer encore de nouveaux problèmes. »

Djaka Sow appelle par ailleurs la ministre de l’Éducation à écouter les acteurs sociaux et à accorder une attention particulière au dossier des contractuels non retenus. « Nous lançons un appel solennel à Madame Bintou Kéita, ministre de l’Éducation, pour qu’elle fasse en sorte d’écouter les acteurs sociaux. »

Le porte-parole estime que trois dossiers constituent actuellement les principales priorités du secteur éducatif : l’engagement des enseignants contractuels avant la rentrée, la régularisation des primes, retenues et actes administratifs des agents de l’État, ainsi que l’application du statut particulier de l’éducation.

Face à l’absence de solution, le collectif affirme que ses représentants dans les préfectures pourraient se mobiliser à Conakry. « Les représentants des 33 préfectures et les enseignants qui sont à l’intérieur sont prêts à rallier la capitale ou à prendre toutes les dispositions nécessaires. »

Djaka Sow appelle toutefois ses collègues à rester unis et à suivre les orientations de l’intersyndicale de l’éducation, notamment celles de la FSPE, du SNE et du SLECG.

Interrogé sur l’éventualité d’un nouveau concours imposé par l’État, le porte-parole du collectif se montre catégorique : « Non ! Nous réfutons toute idée de concours. On a déjà fait un concours en pratique de classe. Nos notes existent à travers les DPE. Il n’est donc pas question de refaire un autre concours. »

Selon lui, le temps presse, alors que la rentrée scolaire approche. « On n’a même pas le temps pour une mission à l’intérieur ou pour autre chose. L’ouverture pointe à l’horizon.»

Il appelle donc le gouvernement à agir rapidement afin d’éviter une nouvelle crise dans le secteur éducatif. « S’ils veulent la paix dans les concessions scolaires et la quiétude de notre nation, ils doivent engager ces contractuels, ce qui est devenu une patate chaude pour tout le monde. »

Au terme de l’entretien, Djaka Sow adresse un message de mobilisation et d’unité à ses collègues concernés par cette situation. «Nous comprenons leur souffrance. Pour un père ou une mère de famille, il est difficile de rester trois ou quatre ans dans cette situation. »

Il invite les enseignants contractuels des 33 préfectures à rester soudés et à attendre les prochaines orientations du collectif et de l’intersyndicale. « J’appelle tous mes collègues des 33 préfectures à rester unis, à rester soudés et à rester à l’écoute du collectif et de l’intersyndicale de l’éducation. »

Le collectif dit ainsi vouloir maintenir la pression pour obtenir l’engagement des enseignants contractuels non retenus avant la prochaine rentrée scolaire et se dit prêt à envisager « toutes les éventualités » en cas de non-respect des engagements pris par le gouvernement.