Haïti : « Les violences sexuelles continuent d’être utilisées de façon tactique par les gangs », alerte l’ONU

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Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) ont publié leur dernier rapport trimestriel consacré à la situation des droits humains en Haïti. Sur une trentaine de pages, le document dresse un constat particulièrement préoccupant de la situation sécuritaire, humanitaire et judiciaire dans le pays.

Ce rapport du BINUH et du HCDH révèle une situation particulièrement préoccupante pour les enfants en Haïti. Dans un contexte marqué par la violence, la pauvreté et la fermeture des écoles, les groupes armés intensifient le recrutement et l’exploitation des mineurs.

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« De nombreux enfants se retrouvent sans autre alternative […] que de céder aux pressions ou aux offres financières dérisoires des bandes armées. Certains sont utilisés comme guetteurs, informateurs ou transporteurs de munitions, tandis que d’autres sont directement armés et envoyés au front»,lit-on dans le rapport.

L’ONU souligne également que le refus de rejoindre les gangs peut exposer les enfants et leurs familles à de graves représailles, rendant difficile tout désengagement.

Les jeunes filles sont particulièrement exposées aux violences sexuelles. Le rapport indique que « les violences sexuelles collectives et la servitude forcée continuent d’être utilisées de façon tactique par les gangs » pour terroriser les populations et renforcer leur contrôle territorial.

Dans les zones dominées par les groupes armés, l’absence de protection et de services essentiels prive de nombreuses victimes d’une prise en charge médicale et psychosociale.

Face à cette situation, l’ONU appelle à une réponse qui dépasse le seul cadre sécuritaire. « La réponse à la crise sécuritaire ne saurait être uniquement policière », souligne le BINUH, qui plaide pour davantage de programmes de protection de l’enfance, de désengagement des mineurs et de réinsertion.

L’organisation appelle également la communauté internationale à renforcer son soutien à la Police nationale d’Haïti et à intensifier la lutte contre le trafic d’armes et de munitions.