La situation sanitaire dans les prisons guinéennes demeure préoccupante. À l’occasion de la présentation d’une étude sur l’accès des personnes vulnérables à la justice, l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH) a dénoncé plusieurs dysfonctionnements dans la chaîne pénale, notamment les conditions de détention à la Maison centrale de Conakry, où des cas de tuberculose, d’infections respiratoires et de malnutrition auraient été constatés.
Présentée ce jeudi 14 mai 2026 à la Maison de la presse, cette étude met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes vulnérables dans leur accès à la justice en Guinée. Pour l’OGDH, malgré l’existence d’un cadre juridique relativement fourni, de nombreuses insuffisances persistent dans l’application des procédures judiciaires et le traitement des détenus.
Intervenant au nom de l’organisation, Me DS Bah a expliqué que cette initiative vise à documenter les obstacles structurels du système judiciaire guinéen afin d’interpeller les autorités compétentes. « Il y a quelques semaines, on avait fait une conférence de presse ici pour présenter les résultats du projet de l’accès aux personnes vulnérables à la justice. On avait indiqué à l’époque les difficultés qu’on avait rencontrées par rapport à la gestion de ce projet et aussi l’accès proprement dit. Après cet épisode, le projet est l’un des éléments essentiels. C’est justement cette étude qu’a commandité l’OGDH parce que c’est bien d’identifier les difficultés, mais il faut faire des recommandations, faire une étude pour avoir un document qu’on peut produire par exemple au niveau du gouvernement, en tout cas l’interpeller sur ces différentes problématiques. »
L’avocat a également insisté sur la nécessité de réformes concrètes pour améliorer le fonctionnement de la justice et les conditions de détention. « L’objectif de cette étude pour ma part et pour la part de l’équipe de consultants c’est d’identifier le blocage d’étranglement structurel et proposer des réformes concrètes visant à humaniser et à fluidifier le parcours judiciaire en République de Guinée », a-t-il indiqué.
Au-delà des dysfonctionnements judiciaires relevés dans l’étude, Me DS Bah a surtout attiré l’attention sur la situation sanitaire des détenus à la Maison centrale de Conakry. « À la maison centrale de Conakry, vous avez des femmes qui sont détenues, mais qui sont avec leurs enfants […] et au plan sanitaire également, nous nous sommes rendus compte qu’il y a des gens qui souffrent de tuberculose, d’infections respiratoires, de malnutrition », a-t-il déploré.
Selon lui, ces constats traduisent l’urgence d’améliorer les conditions carcérales et de renforcer le respect des droits fondamentaux des détenus en Guinée.

