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Mandat dédié aux femmes : promesses au féminin, pouvoir au masculin

Par Mariame DIALLO
6 février 2026 à 09:09
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« Tout ce qu’on fait pour moi sans moi est contre moi. » Cette assertion résonne avec une acuité particulière dans le contexte politique guinéen, au regard de la faible représentativité des femmes au sein du nouveau gouvernement, alors même que le président Mamadi Doumbouya, avait solennellement dédié son mandat aux femmes.

Lors de son investiture, le 17 janvier dernier, le chef de l’État avait placé son action sous le signe d’un engagement fort en faveur de la cause féminine. Une déclaration porteuse d’espoirs, notamment en matière de parité et d’accès des femmes aux postes de décision. « Ce mandat est pour les femmes, parce qu’il n’y a pas de développement durable sans leur pleine participation. Elles sont la force motrice de notre économie et de notre société. C’est pour nos mères qui se battent chaque jour pour nourrir nos familles », avait-il affirmé.

Mais la composition du nouveau gouvernement tranche avec ces engagements. Faute de nomination d’une femme à la Primature, beaucoup s’attendaient, à défaut, à une présence féminine plus marquée au sein de l’équipe gouvernementale, en particulier dans les ministères stratégiques.

Dirigé par Bah Oury, le gouvernement compte 29 ministres, dont seulement sept femmes, soit 24,14 %. Un taux de représentativité en deçà des attentes suscitées par les discours présidentiels et inférieur au seuil de 30 % prévu par l’article 6 de la Constitution en matière de parité dans les postes décisionnels et électifs.

Si certains saluent une progression par rapport à l’équipe précédente, les chiffres relativisent cette lecture. En réalité, le nombre de femmes est resté identique : elles étaient déjà sept sur 34 ministres, soit environ 20,6 %, sous le précédent gouvernement. La hausse apparente tient uniquement à la réduction du nombre total de portefeuilles, et non à une volonté politique affirmée d’élargir la participation féminine.

Pourtant, l’article 6 de la Constitution engage explicitement l’État à promouvoir l’inclusion, l’équité et l’égalité, à travers l’octroi d’un quota d’au moins 30 % aux femmes dans les postes décisionnels et électifs, aux niveaux national, régional et local. La parité y est consacrée comme une obligation constitutionnelle, et non comme une simple option politique.

Dans ces conditions, le président Mamadi Doumbouya ne fait guère mieux que son prédécesseur Alpha Condé, qui avait lui aussi placé son mandat sous le signe de la promotion des femmes, sans parvenir à traduire cet engagement dans les faits.

Depuis l’arrivée du CNRD au pouvoir, le 5 septembre 2021, le nombre de femmes au sein du gouvernement n’a jamais dépassé sept, malgré les différents remaniements. Une constance chiffrée qui contraste avec les discours récurrents sur l’inclusion et la promotion du genre.

Au-delà des statistiques, la question de la place réelle des femmes dans les ministères stratégiques reste posée. Bien que présentes dans l’appareil gouvernemental, elles demeurent marginalisées dans les portefeuilles où se prennent les décisions majeures. Ainsi, malgré des engagements affichés et un cadre juridique clairement établi, la parité peine toujours à s’imposer au sommet de l’État, interrogeant la capacité des autorités à transformer les promesses politiques en actions concrètes.

« Agir à la place de quelqu’un, sans l’impliquer, revient à le priver de sa liberté et de sa voix même si l’intention est bonne », confie une femme, se disant déçue par la promesse non tenue du président Mamadi Doumbouya.

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