La circulation reste particulièrement difficile sur l’axe T5-T6, notamment entre Wanindara Rails et les deux ronds-points. Ce samedi 31 octobre 2026, de longues files de véhicules étaient visibles sur ce tronçon, où automobilistes et motocyclistes doivent se partager une seule voie pour circuler dans les deux sens, en raison des travaux de rénovation en cours.
Engagée le 16 octobre dernier, cette intervention avait été annoncée par l’Agence de gestion des routes (AGEROUTE) pour remédier aux dégradations constatées sur la chaussée. Dans un communiqué publié la veille du démarrage du chantier, l’agence avait prévu une période d’exécution allant du 16 au 31 octobre 2026, avec une fermeture temporaire du côté droit de la chaussée dans le sens T5-T6.
Mais à la date du 31 octobre, la circulation n’était toujours pas rétablie. Le calendrier initial est donc dépassé et, jusqu’à présent, aucune nouvelle échéance n’a été publiquement communiquée par l’agence. Contacté par Guinée360 pour comprendre les raisons de ce décalage, un responsable d’AGEROUTE, qui a souhaité garder l’anonymat, a apporté des précisions sur la nature des travaux et les conditions nécessaires à la réouverture de la chaussée.
Selon notre interlocuteur, le chantier porte sur une chaussée en béton armé, dont la remise en circulation nécessite un temps de durcissement incompressible. « C’est du béton armé qui a été utilisé. Quand on met le béton, il y a un délai avant d’ouvrir la circulation. Quand on met le béton, il faut minimum 24 jours avant d’ouvrir la circulation. Tant que ce délai n’est pas arrivé, on ne va pas libérer la circulation. On attend le délai de durcissement des travaux avant de libérer la circulation », explique-t-il.
Le responsable évoque également des contraintes rencontrées sur le terrain pour justifier le décalage du calendrier. Les pluies et certains problèmes techniques peuvent notamment prolonger la durée d’exécution du chantier.
Or, tout retard dans les travaux entraîne mécaniquement un décalage du début de la période de durcissement, qui ne commence qu’une fois le béton coulé et les travaux achevés. « Si les travaux doivent durer 5 jours, et que y a eu l’extension, ce que au lieu de 5 jours on fait les travaux en 7 jours, il faut forcément que le délai de durcissement augmente encore. Le temps des travaux dépend du temps de durcissement. Si l’entreprise contractante était censée travailler en 5 jours et que à cause des aléas des pluies ou des problèmes techniques sur le terrain, au lieu de 5 jours, les travaux vont aller jusqu’à une semaine voire 10 jours, il faut que les jours perdus là soient augmenter. Dès la fin des travaux, c’est le temps du durcissement qui commence pour l’ouverture de la circulation. Ce sont ces petits détails là qui empêchent souvent, mais qu’à cela ne tienne, nous allons voir avec les directions la possibilité d’informer les usagers », précise notre source.
Ces explications techniques ne dissipent toutefois pas les difficultés quotidiennes rencontrées par les usagers. La réduction de la chaussée à une seule voie, utilisée alternativement dans les deux sens, provoque d’importants ralentissements.
Les automobilistes et motocyclistes passent parfois de longues minutes dans les bouchons. « Les gens souffrent sur ce tronçon. Cela fait deux semaines ici c’est comme ça. Ceux qui travaillent sur ce chantier doivent accélérer les choses », lance Madjariou Barry, installé au volant de son véhicule.
Le conducteur déplore également les dépenses supplémentaires occasionnées par ces embouteillages. « Emprunter ce tronçon est une véritable galère. Ces embouteillages entraînent le gaspillage de beaucoup de carburant. On a même l’impression que les travaux n’avancent pas », ajoute-t-il.
Un autre usager, qui circulait à moto, estime que les autorités en charge des travaux publics devraient envisager de privilégier les interventions nocturnes pour limiter les perturbations pendant la journée. « C’est pas normal de lancer des travaux de ce genre en pleine journée, sur un axe stratégique si on sait que ça va durer. Sinon, on peut travailler la nuit », suggère-t-il.
Au-delà des difficultés liées au chantier, certains citoyens dénoncent également le comportement de conducteurs qui, par impatience, tentent de former plusieurs files sur une chaussée pourtant réduite à un seul passage. « Les gens sont trop pressés. Ils viennent former plusieurs lignes alors qu’il y a un seul passage. Forcément les gens vont souffrir », déplore un autre usager.
Face à ces désagréments, la question de l’information des usagers reste également posée. Si AGEROUTE justifie la prolongation du chantier par des contraintes techniques et le temps nécessaire au durcissement du béton, son responsable reconnaît la nécessité d’améliorer la communication autour de ces travaux.
Il annonce, à cet effet, que la possibilité d’informer davantage les usagers sera examinée avec les directions concernées.

