Plusieurs mois après le décès d’Oumar Fadiga au Sénégal, l’émotion reste vive au sein de sa famille. Marié et père de trois enfants, ce ressortissant guinéen aurait perdu la vie en novembre 2025 à la suite d’une interpellation jugée violente. Ses proches accusent des éléments de la gendarmerie sénégalaise et dénoncent l’absence d’avancées concrètes dans le traitement du dossier.
Selon son frère, Samba Fadiga, les faits se seraient déroulés au domicile de la victime, en présence de son épouse et de ses enfants. « Des gendarmes ont fait irruption chez lui, l’accusant d’être mêlé à un trafic de Tramadol, sur la base des déclarations d’un individu l’ayant présenté comme son “patron” », raconte-t-il.
Oumar Fadiga aurait alors exigé une confrontation avec son accusateur. D’après sa famille, les forces de l’ordre lui auraient réclamé un million de francs CFA pour “régler l’affaire”. Une altercation aurait éclaté. « Mon frère a été violemment battu, et son épouse également agressée », affirme Samba Fadiga.
Dans les jours suivants, la famille aurait tenté, en vain, de lui rendre visite pour connaître les charges retenues contre lui. Un jugement aurait été annoncé pour le vendredi, sans que ses proches ne soient autorisés à le rencontrer. Peu après, ils apprennent son transfert à l’hôpital dans un état critique. Son décès leur sera finalement annoncé alors qu’ils attendaient toujours la tenue de son procès.
Du côté des autorités sénégalaises, une procédure d’autopsie est en cours. Une explication que la famille peine à comprendre. « L’ambassadeur décroche quand je l’appelle, mais il me parle d’autopsie. Une autopsie qui dure depuis plusieurs mois. Je ne comprends pas cette situation », confie Samba Fadiga.
À ce jour, le corps n’a pas été restitué à la famille, qui réclame son rapatriement en Guinée afin de procéder à l’inhumation. En Guinée, la Direction générale des Guinéens établis à l’étranger a été saisie dès le mois de janvier. Selon Samba Fadiga, des assurances lui auraient été données quant à l’implication du ministère des Affaires étrangères. « On m’a assuré que le ministre avait été saisi du dossier. Mais cela fait plusieurs semaines que je tente d’obtenir une audience sans succès », déplore-t-il.
La famille appelle désormais à une implication diplomatique plus ferme des autorités guinéennes. Elle demande qu’une requête officielle de rapatriement soit adressée au Sénégal et que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès.
« Nous voulons enterrer notre fils »
L’oncle de la victime, Amadou Aïssata Sylla, insiste sur l’urgence humanitaire de la situation. « Nous voulons simplement récupérer le corps afin de procéder à l’inhumation », affirme-t-il, appelant le ministère des Affaires étrangères à prendre en charge les frais et l’ensemble de la procédure.
En attendant, le frère cadet du défunt, Samba Fadiga, poursuit ses démarches. Au-delà des responsabilités à établir, la famille dit chercher avant tout à faire son deuil dans la dignité. Mais tant que le corps ne sera pas restitué et que les circonstances exactes du décès ne seront pas élucidées, les interrogations restent entières.


