Après la mort de Mamadou Djouma Bah, candidat au baccalauréat session 2026 à Kindia, le débat sur la répression de la fraude aux examens nationaux prend de l’ampleur. Alors que certains réclament la démission ou le limogeage du ministre de l’Éducation nationale, le juriste Boubacar Kegneko Bah estime qu’une réforme législative constitue la véritable réponse au problème.
Dans un entretien accordé à Guinée360 ce week-end, le spécialiste du droit a rappelé que la poursuite et la condamnation des candidats impliqués dans des faits de fraude relèvent de dispositions prévues par le Code pénal guinéen.
Pour lui, la responsabilité ne saurait être réduite à la seule personne du ministre de l’Éducation. « Donc le départ du ministre va plutôt déplacer le problème », affirme le juriste.
Selon Boubacar Kegneko Bah, la question doit être abordée sous l’angle de la législation. Il estime que la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale offre désormais un cadre institutionnel permettant de revoir les dispositions incriminées. « À partir du moment où nous avons une assemblée nationale, c’est de procéder à l’abrogation de cette disposition dans le code pénal », propose-t-il.
Plus concrètement, le juriste préconise l’abrogation des articles 686, 687 et 688 du Code pénal, qui répriment la fraude dans les examens et concours.
L’article 686 prévoit que toute fraude commise lors des examens ou concours publics destinés à l’entrée dans une administration publique, à l’obtention d’un diplôme délivré par l’État ou encore à l’acquisition du permis de conduire est punie d’une peine d’emprisonnement allant d’un mois à trois ans et d’une amende comprise entre 500 000 et 2 500 000 francs guinéens, ou de l’une de ces deux peines seulement.
L’article 687 sanctionne notamment la communication frauduleuse des sujets d’examen avant les épreuves, l’usage de faux documents tels que des diplômes, certificats ou extraits de naissance, ainsi que la substitution d’une personne au véritable candidat. Les auteurs de ces faits encourent les mêmes peines prévues à l’article 686.
Quant à l’article 688, il dispose que la tentative des infractions prévues aux articles 686 et 687 est punie des mêmes peines que l’infraction consommée.
À défaut d’une abrogation de ces dispositions, Boubacar Kegneko Bah propose une autre option : l’adoption d’une loi d’amnistie visant les personnes poursuivies ou condamnées sur la base de ces articles.
Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes interrogations sur les conséquences judiciaires de la fraude aux examens, relancées par le décès de Mamadou Diouma Bah, candidat au baccalauréat à Kindia, dont l’affaire a suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique.

