ONU, Banque mondiale, FMI : l’offensive de Julius Maada Bio contre un système « d’une autre époque »

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À la tribune des Nations Unies, le président sierra-léonais Julius Maada Bio n’a pas tourné autour du pot. Il est venu porter une revendication historique : redonner au continent africain la place qui lui revient au sein des plus hautes instances de décision mondiales.

Aujourd’hui, le Conseil de sécurité reste verrouillé par les cinq vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale (la Chine, les États-Unis, la Russie, la France et le Royaume-Uni). Une configuration bloquée dans le passé qui exclut tout un continent de 54 pays et 1,6 milliard d’habitants.

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Pour le chef d’État sierra-léonais, ce découpage d’un autre temps fragilise l’organisation elle-même : “Le Conseil de sécurité reflète encore le monde de 1945. L’Afrique, qui compte plus de 1,6 milliard d’habitants et qui est au cœur d’une grande partie des travaux du Conseil, ne dispose toujours d’aucun siège permanent.”

Cette absence pose avant tout un problème d’efficacité et de justice. “L’Afrique réclame la place qui lui revient”, a martelé le président Bio, estimant que “le Conseil ne peut être pleinement légitime ou efficace tant qu’un continent entier demeure durablement absent du plus haut niveau de décision.”

Pour Maada Bio, aucun grand défi mondial – climat, sécurité, alimentation, énergie, transition numérique – ne pourra se résoudre en faisant l’impasse sur la voix africaine. Il s’est fait le relais de la ligne diplomatique arrêtée par l’Union africaine à savoir le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte. Cette position réclame l’attribution d’au moins deux sièges permanents dotés des mêmes prérogatives que les membres actuels (y compris le droit de veto si celui-ci est maintenu), en plus de cinq sièges non permanents réservés au continent.

Mais le constat du président ne s’arrête pas aux portes du Conseil de sécurité. Le blocage est aussi présent dans les institutions financières, Banque mondiale et FMI. “Le déséquilibre au sein du Conseil de sécurité existe également dans les institutions financières internationales, dont les structures portent encore l’empreinte d’une époque révolue.”

Face à ce système financier hérité du siècle dernier, Maada Bio appelle à une refonte globale des règles du jeu : “les pays en développement ont besoin d’un pouvoir de vote plus équitable, d’une représentation renforcée et d’un accroissement de leurs ressources en capital au sein de ces institutions, ainsi que de financements abordables, de ressources concessionnelles et d’un traitement plus équitable de la debt. Ils doivent également participer sur un pied d’égalité à l’élaboration des règles de la fiscalité internationale. La Sierra Leone soutient donc une Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale”, a-t-il conclu.